Wallonie picarde : des pompiers sont partis en grève dès vendredi soir

Vendredi soir, des pompiers de la zone de secours de Wapi se sont déclarés en grève, avant leur prise de poste. Ils n’ont pas été réquisitionnés…

Pascal Lepoutte
 Les grévistes réunis en face de la caserne s’attendaient (et étaient prêts) à être réquisitionnés. Cela n’a pas été le cas!
Les grévistes réunis en face de la caserne s’attendaient (et étaient prêts) à être réquisitionnés. Cela n’a pas été le cas! ©- EDA

"Ils devraient prendre conscience que cela ne va plus être possible. Le personnel est à bout ; quelquefois, des gens qui sont dans le départ incendie font en plus la troisième ambulance. C’est déjà arrivé que des gars qui sont partis au feu en se donnant à fond pendant une heure, à peine rentrés à la caserne, doivent repartir aussi vite pour une urgence. Cela met en péril la sécurité du personnel et du citoyen. On n’est pas à l’abri un jour d’un accident parce que quelqu’un aura dû se dépêcher. Sans mauvais jeu de mots, ils jouent avec le feu, estime Alain Duburcq, délégué SLPF pour la zone de secours de Wallonie picarde, où il y a un manque criant de personnel. "

"Idéalement, nous devrions être seize…"

Des pompiers de la zone avaient annoncé jeudi qu’ils partiraient en grève à l’occasion du carnaval de Tournai: "Par cette action, on veut surtout faire comprendre que, comme nous nous trouvons en sous-effectif, nous ne sommes plus nous-mêmes suffisamment en sécurité pour assurer celle des citoyens. Ce n’est plus viable !"

En temps normal, ils sont quatorze agents à assurer la garde ("mais pour que tout aille bien, on devrait être seize…"): pour cette nuit de vendredi à samedi, en prévision du carnaval et, comme c’est le cas à l’occasion d’autres gros événements festifs, du personnel supplémentaire avait été prévu. Sept volontaires ont ainsi été rappelés pour prêter main-forte aux douze professionnels déjà désignés et renforcer notamment les ambulances, généralement plus sollicitées qu’en période "normale".

Attendue, la procédure de réquisition n’aurait pas été engagée !

Mais parmi ces douze-là, sept, dont deux sous-officiers, se sont déclarés en grève avant leur prise de poste à 19 heures: "Le bourgmestre et la direction avaient reçu un mail des permanents syndicaux leur signalant qu’il y aurait un mouvement de grève de vendredi soir à lundi matin."

Selon un pompier sortant de la caserne, malgré une réunion qui s’était engagée entre les officiers et des membres de la police judiciaire, les grévistes qui s’attendaient à être réquisitionnés d’un instant à l’autre ne l’avaient pas été à l’heure de boucler notre édition.

Pour eux, il s’agissait d’une surprise totale puisque, si leur action voulait attirer l’attention sur la situation qu’ils dénoncent, tous se disaient prêts à aller faire leur travail afin de ne pas mettre la sécurité de la population en péril.: "Les volontaires ont des compétences, mais pas nécessairement toutes celles qui sont requises pour assurer la garde. Vers 19 h 30, la caserne était vide, et il n’y avait qu’une seule personne pour gérer le dispatching. On a même fait appel à des pompiers de Leuze pour une ouverture de porte à la chaussée de Douai… On préfère prendre des risques et mettre les gens en danger plutôt que d’écouter nos revendications légitimes ", commentait le délégué syndical, visiblement déçu.

Il faut plus que probablement s’attendre à d’autres actions des pompiers durant ce week-end de carnaval.

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