Clip-Clap au Ramdam festival : ils étaient 1700 à avoir « 16 ans »

Le concours Clip-Clap a proposé simultanément à 1400 étudiants belges et 300 français le film " 16 ans " de Philippe Lioret.

Audrey Ronlez
 C’est avec beaucoup de justesse que Teïlo Azaïs et Sabrina Levoye interprètent les personnages de Léo et Nora dans le film de Philippe Lioret.
C’est avec beaucoup de justesse que Teïlo Azaïs et Sabrina Levoye interprètent les personnages de Léo et Nora dans le film de Philippe Lioret. ©-Com.

Le même film, à la même heure, pour quelque 1700 élèves du même âge aux quatre coins de la Wapi (Tournai, Ath, Mouscron), mais aussi à Bruxelles, Rixensart et dans la région de Lille, voilà le pari du Clip-Clap. "Ce concours de critiques cinématographiques a comme but premier d’amener les jeunes vers le cinéma engagé", souligne d’emblée Félix Guévart, membre de la Confédération parascolaire Hainaut à la base de l’organisation. "Le Clip-Clap existe depuis 25 ans, mais il a pris une tout autre ampleur depuis notre association avec le Ramdam festival ; que ce soit en ce qui concerne le nombre d’étudiants touchés ou l’étendue du territoire visé. Cela nous permet aussi de pouvoir proposer des films adaptés au public, mais beaucoup plus récents."

Et pour l’équipe du festival du film qui dérange aussi l’opération est bénéfique. Cette collaboration lui permet en effet de toucher un public plus jeune qui ne viendrait pas forcément au Ramdam sans le biais de l’école.

Mais, finalement, c’est surtout pour les 5e et 6e secondaires qui participent au projet que l’expérience est la plus profitable. Dans une des quatre salles de projection d’Imagix réservées pour l’événement, certains reconnaissent n’être jamais venus au cinéma. Ils ne doivent pas être les seuls, mais tous sont sur un pied d’égalité pour découvrir le film dont ils devront faire la critique: "16 ans" du réalisateur français Philippe Lioret (qui a notamment fait "Je vais bien ne t’en fais pas").

Une sorte de "Roméo et Juliette" moderne qui ne les a pas laissés indifférents. À plusieurs reprises durant la projection, certains n’ont pu retenir rires, commentaires et/ou étonnement si bien que le générique de fin est apparu sous les applaudissements.

Il faut dire que le sujet parlait à ces adolescents qui s’identifieront sans nul doute à l’un ou l’autre héros de cette fiction. Peut-être trop ? En tout cas, pour certains enseignants, le film manque quelque peu de subtilité. "C’est rempli de clichés et cela risque fort de renforcer les stéréotypes déjà bien présents chez nos élèves, notamment en ce qui concerne la violence et le patriarcat", soulignent Jeanne Delobel et Lucie Despature, professeures à l’École des Frères. "C’est dommage que, pour des sujets aussi importants que ceux-là, la réflexion ne soit pas amenée avec plus de nuances."

Les enseignantes soulignent cependant la justesse du jeu des jeunes dans lesquels elles reconnaissent volontiers les traits de leurs propres élèves.

À l’issue de la projection, les 1700 jeunes étaient invités à coucher sur le papier leurs impressions. "Nous sommes allés à la rencontre de toutes les classes participantes", explique Félix Guévart. "Ce fut l’occasion de détailler les consignes, mais surtout de leur donner quelques conseils sur l’écriture de la critique et une initiation au cinéma."

Certains semblaient bien inspirés et ont rempli aisément les deux pages A4 (maximum) prévues, tandis que d’autres peinaient à écrire quelques lignes, mais tous ont fait l’effort de se prêter au jeu. "Ce n’est pas évident, ils n’ont qu’1 h 30 pour la rédaction."

Toutes les copies ramassées sont ensuite réparties entre les vingt-huit membres du jury: des enseignants, des journalistes, des professionnels du cinéma ou encore des membres des associations partenaires. Ensemble, ils désigneront les grands gagnants de cette édition 2023, mais bien plus que ce palmarès, tous auront gagné en maturité grâce à l’expérience Clip-Clap.

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