Avec "Le bleu du caftan", Lubna Azabal donne "la plus belle des réponses à tous les homophobes de la terre"

La marraine du festival a présenté " Le bleu du caftan ", un film d’une justesse et d’une poésie incroyables.

Audrey Ronlez
 Outre la genèse du film de Maryam Touzani, Lubna Azabal a raconté le tournage dans «un vrai Maroc».
Outre la genèse du film de Maryam Touzani, Lubna Azabal a raconté le tournage dans «un vrai Maroc». ©édA

Absente pour la première fois lors de l’ouverture du festival du film qui dérange, sa marraine, Lubna Azabal a fait son arrivée au Ramdam lundi après-midi. À peine rentrée d’un tournage en Jordanie, elle était à Tournai pour défendre "Le bleu du caftan", un film qui lui tient particulièrement à cœur. C’est la seconde fois que l’actrice aux trois Magritte et onze récompenses internationales travaille avec la réalisatrice marocaine Maryam Touzani. Les deux films sont d’ailleurs liés par une anecdote peu commune. En effet, lors de la projection d’Adam au festival de Cannes en 2019, Lubna Azabal avait échangé un baiser sur la bouche avec Nisrin Erradi, son amie et partenaire à l’écran. Un geste pour elle anodin telle une blague, mais qui a provoqué un tollé au Maroc. "On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait ces répercussions terribles", a expliqué Lubna Azabal à l’issue de la projection. "Elle a été menacée et on a été insultées à cause de la connotation homosexuelle. Et quand bien même on aurait été homosexuelles, cela n’aurait rien changé. Ça été terrible et Nisrin Erradi m’a demandé de faire une vidéo pour calmer le jeu et m’excuser. Je l’ai donc fait un peu malgré moi et je me suis ensuite vraiment culpabilisée par rapport à la communauté LGBT au Maroc et dans le monde arabe en général, mais aussi dans tous les pays où l’homosexualité est encore punie de peines de prison ou de torture. Cela me rendait malade et j’ai appelé Maryam Touzani en disant que j’avais besoin d’un droit de réponse auprès des médias marocains. Elle m’a dit qu’elle avait sans doute une meilleure réplique à leur donner et c’est là qu’elle m’a fait lire “Le bleu du caftan”. C’était pour moi la plus belle réponse à donner à tous les homophobes de la terre. Et la plus belle des portes à ouvrir à tous les gens qui veulent s’aimer tout simplement. Plus belle victoire encore, le film a reçu son visa d’exploitation pour être projeté en salles au Maroc."

Lubna Azabal a aussi raconté les coulisses du tournage et notamment le mois de coaching pour parler l’arabe de Casablanca sans accent francophone et les 9 kg perdus pour que son corps incarne la maladie. "Le tournage a eu lieu l’année où j’ai perdu trois proches du cancer et je ne voulais pas jouer la maladie. Je voulais que ce soit mon corps qui parle."

Le film est encore programmé jeudi à 21 h 15 et samedi à 11 h 10.

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