Une déchéance de permis de 4 ans pour le motard qui a fauché Cheyenne devant Saint-Luc

Ce jeudi matin, le tribunal de police de Tournai a condamné le motard qui a percuté mortellement Cheyenne à 130 km/h devant l’Institut Saint-Luc à une déchéance du permis de conduire d’une durée de 4 ans (avec un sursis pour la moitié), et à 2 ans de prison (dont 6 mois ferme).

P.Den
Une déchéance de permis de 4 ans pour le motard qui a fauché Cheyenne devant Saint-Luc

Le 14 décembre 2021, Cheyenne Novareze, 19 ans, était fauchée mortellement devant son école, l’Institut Saint-Luc à Ramegnies-Chin. Le motard circulait à une vitesse de 130 km/h dans une zone limitée à 30 km/h.

Ce jeudi matin, le tribunal de police de Tournai a rendu son jugement qui se veut plus sévère que les peines requises par le ministère public lors de l’ audience du 27 octobre dernier, même si du sursis a été accordé, en partie, au Tournaisien de 26 ans, en raison de son absence d’antécédents judiciaires.

« Sanctionner l’inadmissible inconscience »

Le jeune motard a écopé d’une peine de 2 ans de prison, dont 6 mois ferme, "afin de sanctionner l’inadmissible inconscience affichée par le prévenu et le dissuader à l’avenir de réitérer semblable conduite", précise le juge Michel Pieraert. Le Tournaisien est aussi déchu de son permis de conduire pour une période de "longue durée", soit 4 ans, avec un sursis pour deux ans. "Les privations et les nécessaires aménagements tant privés que professionnels que cette déchéance impliquera, participeront concrètement à sa sanction et à sa prise de conscience de la nécessité d’adopter un comportement routier respectueux des règles élémentaires de circulation, dont celle de veiller à maintenir une vitesse adaptée en toutes circonstances pour éviter de mettre en danger la sécurité d’autrui." Il sera obligé de repasser quatre examens pour récupérer son permis de conduire.

« Les douleurs corporelles viendront aussi lui en imposer le souvenir »

Une amende de 8 000 €, dont la moitié avec sursis, lui a également été infligée. "Marqué par les séquelles physiques et neurologiques issues de cet accident, les douleurs corporelles viendront aussi lui imposer le souvenir de cette conduite totalement irresponsable et le fait d’avoir porté atteinte à la vie humaine", relève également le président du tribunal.

Dans son prononcé, le juge a eu des mots forts. "Le prévenu a ôté la vie d’une jeune adulte, innocente, à l’aube d’une existence prometteuse et épanouissante, relève Michel Pieraert. Il a arraché de façon brutale et totalement imprévisible des liens d’une famille au sein de laquelle Cheyenne occupait une place particulièrement appréciée et appréciable, en plongeant en quelques instants tous ses proches, dans une douleur aussi soudaine qu’insupportable, et que rien ne pourra effacer. La disparition de l’être cher ne pourra jamais être comblée. Ses proches devront apprendre à surmonter au quotidien leur chagrin en restant taraudés par une question à laquelle ils n’obtiendront jamais de réponse: le motif d’une vitesse aussi folle…"

Projetés à des dizaines de mètres du passage pour piétons

Quelques précisions quant aux circonstances de l’accident sont apportées. "Alors qu’il circulait au guidon de sa moto de marque Honda, en direction de Tournai, le prévenu a violemment percuté au centre du passage pour piétons Cheyenne Novareze qui traversait la chaussée, rappelle le président du tribunal. La malheureuse victime a été projetée à 18 mètres au-delà du passage protégé tandis que le prévenu s’est retrouvé à 59 mètres au-delà de ce passage, et sa moto à plus de 110 mètres." Tous les deux seront grièvement blessés ; la jeune femme décédera quelques heures plus tard à l’hôpital des conséquences de ses lésions.

Le juge Michel Pieraert est revenu sur les témoignages qui confirmeront que "le prévenu développait une vitesse totalement inadaptée au lieu." Quant à l’expert, il précise que "l’éclairage public diffusait une luminosité de bonne qualité et que le prévenu progressait à une vitesse de 130 km/h, soit une vitesse 4,3 fois plus qu’élevée que la vitesse maximale autorisée. S’il avait respecté la vitesse de 30 km/h, il n’aurait pu ignorer la présence de la piétonne qui traversait la chaussée. Quant à la victime, au vu de la vitesse limitée à 30 km/h, et de la distance à laquelle se trouvait la moto, elle pouvait s’attendre à pouvoir traverser la chaussée sans danger." L’accident est lié au seul comportement du motard et "imputable au fait personnel par défaut de prévoyance et de précaution, mais sans intention d’attenter à la personne d’autrui."

« La désolante conséquence d’une vitesse insensée, incompréhensible, inexpliquée et impardonnable »

Le président du tribunal souligne également que "le décès n’est pas la résultante d’un malencontreux concours de circonstances, mais la désolante conséquence d’une vitesse insensée, incompréhensible, inexpliquée et d’autant plus impardonnable qu’elle est le fait d’un usager qui connaissait parfaitement le lieu et sa dangerosité."

La famille de la jeune fille recevra un dommage provisionnel d’un euro. "Une compensation financière qui sera toujours dérisoire et insuffisante pour pallier la disparition irréversible de l’un des leurs…" Le tribunal a désigné un expert psychiatre pour déterminer le dommage définitif.