Sa poésie traque la nuit

Fondateur, avec Camille Nicolle, de l’événement Poésie Moteur à Tournai, Hugo Fontaine publie un recueil dans une nouvelle maison d’édition basée à Bruxelles. Il se présente comme « poète attaquant de pointe », on le reconnaît d’ailleurs dans sa traque d’une écriture incisive. Fougue, oralité, cadence : « La nuit est pleine d’algues et d’outils,/dans une ville qui crache sa violence en couleur. » Cet environnement fauve capture les faits et gestes qui ont trait au sexe, à l’instantané des écrans, des néons. Ceux-ci sont traversés d’images vocales, de scènes crues : le cinéma entre par toutes les fenêtres. « Gigolo ou poète, j’ai longtemps hésité à peindre la réalité du prix de la viande en barquette », écrit Hugo Fontaine.

FLIS
 Hugo Fontaine: «Aime la nuit qui t’amarre au point mort.»
Hugo Fontaine: «Aime la nuit qui t’amarre au point mort.» ©ÉdA

L’amour rapace s’invite à toutes les pages, la poésie s’y plaît, conquérante, carnassière: "Tu ne refermes jamais le couvercle/te voilà confiture aux pieds chevillée/d’une nouvelle coutume accidentelle/myrtille n’est pas ton nom/mais un message érotique au sol".