Coupure de l’éclairage public : on est loin du « black-out » en Wallonie picarde

Si la plupart des communes de Wapi ont accepté d’éteindre l’éclairage le long des voiries, à partir de ce 1er novembre, seules quelques-unes ont été complètement plongées dans le noir. Explications.

Pierre-Laurent Cuvelier
 À Leuze-en-Hainaut, l’éclairage sera éteint le 1er décembre.
À Leuze-en-Hainaut, l’éclairage sera éteint le 1er décembre. ©-Eda

Le plan d’extinction de l’éclairage public est entré en application en Wallonie la nuit dernière. Dans le dernier relevé effectué par ORES, 164 des 197 communes affiliées au gestionnaire du réseau de distribution d’électricité ont répondu favorablement à la proposition de couper les lumières le long des voiries, de minuit à 5 h du matin.

Cette action, en vigueur du 1er novembre au 31 mars 2023, vise principalement à soulager les finances communales encore un peu plus sous tension avec la flambée des factures énergétiques. Le gain environnemental (et financier !) lié à la baisse de la consommation d’électricité n’est pas non plus à négliger.

Les coupures se feront de manière progressive pour des raisons techniques et vu les demandes d’exception de certaines communes

En Wallonie picarde, la majorité des entités, dont les trois grandes villes (Mouscron, Tournai et Ath), ont accepté de se plonger dans le noir par mesure d’économies. Toutes n’ont cependant pas connu de "black-out" total en ce jour de Toussaint. En raison notamment de contraintes techniques et de l’ampleur de la tâche, l’éclairage sera coupé de manière progressive, nous dit Annabel Vanbever, la porte-parole d’ORES.

À Silly par exemple, une phase test a été enclenchée sur une partie du territoire, à Graty, Hoves et Bassily. Du côté de Mouscron, la plupart des voiries communales seront éteintes de minuit à 5 heures, pour le 15 novembre au plus tard. À ce stade, 15% du réseau a été mis à l’arrêt.

Une deuxième vague prévue le 1er décembre

"Nous allons procéder, dans les semaines à venir, à quelque 2 000 interventions sur nos cabines électriques, signalait récemment ORES à l’agence Belga, en évoquant la situation en Région wallonne. Plus de la moitié des extinctions demandées seront effectives la nuit du 1er novembre. Les autres seront programmées le 1er décembre, le temps de mener les travaux nécessaires sur le réseau afin de maintenir certaines zones éclairées et d’organiser les coupures en collaboration avec les gestionnaires de réseau limitrophes. "

Estaimpuis, Pecq et Enghien: « Extinction totale des feux »

On comprend mieux pourquoi certaines communes comme Tournai, Leuze, Péruwelz ou Frasnes-lez-Anvaing n’ont pas encore "basculé » dans l’obscurité (NDLR: ce sera le cas le 1er décembre pour Leuze et Frasnes). La liste communiquée par ORES sur son site internet ne mentionne que trois communes de Wapi où toutes les lumières ont été éteintes ce 1er novembre: Estaimpuis, Pecq et Enghien.

Parmi les grandes satisfactions, ORES a accédé aux demandes de certains pouvoirs locaux qui réclamaient le maintien de l’éclairage dans les zones accidentogènes ou très fréquentées la nuit, comme les centres urbains. On pense notamment à l’intra-muros de Tournai ou au territoire mouscronnois, où l’éclairage public restera allumé dans dix endroits (Grand-Place, carrefour du Risquons-Tout, place du Tuquet, les cœurs des villages de Dottignies et Luingne…).

Ellezelles et Bernissart sont les rares communes de notre région à avoir rejeté la proposition d’ORES. Le motif invoqué ? "Le flou législatif qui règne autour de la responsabilité éventuelle des bourgmestres en cas d’accident dans les lieux non éclairés." Du côté de Belœil, le maïeur Luc Vansaingèle a exprimé les mêmes réticences lors du dernier conseil communal.