Accident mortel devant Saint-Luc: 18 mois de prison avec sursis requis contre le motard

Le 14 décembre 2021, un accident mortel s’était produit devant l’Institut Saint-Luc, à Ramegnies-Chin. Cheyenne, 19 ans et étudiante, était fauchée par une moto, circulant à vive allure. Le motard encourt une peine de 18 mois de prison et d’une déchéance de permis de 2 ans.

P.Den
Accident mortel devant Saint-Luc: 18 mois de prison avec sursis requis contre le motard

"Marraine, comment Tatie est partie au ciel ? Pourquoi le Monsieur roulait vite et n’a pas vu Tatie ?" Les propos de l’une des sœurs de Cheyenne Novareze, percutée mortellement par un motard devant l’Institut Saint-Luc en décembre 2021, laisse la salle du tribunal de police de Tournai sans voix.

Pourquoi ce 14 décembre 2021, vers 17 h 20, Antoine s’est élancé à 130 km/h (comme le confirment les rapports des experts) le long de la chaussée de Tournai, en direction de l’Institut Saint-Luc alors qu’au même moment, une jeune étudiante de 19 ans s’avance sur le passage pour piétons ? Cheyenne est percutée de plein fouet, et décédera quelques heures plus tard sur la table d’opération. Le jeune Tournaisien de 27 ans n’en a plus aucun souvenir. Il ne peut expliquer son comportement aux conséquences dramatiques et irrémédiables.

"Qu’on ne me parle pas d’accident, mais d’inconscience, insiste l’avocat des parties civiles Me Dapsens. Comment peut-on rouler à 130 km/h au lieu de 30 km/h alors qu’on connaît la chaussée vu qu’on l’emprunte presque tous les jours, que l’on sait qu’il y a une école fréquentée et un passage pour piétons, et qu’il 17 h 20… Par un tel comportement, il ne peut y avoir que la mort au bout !"

L’avocat a partagé la souffrance des parents de Cheyenne, de ses frères et sœurs, de ses oncles et tantes. "Cheyenne, c’était leur soleil, l’enfant qui unissait les deux familles recomposées, relève-t-il. Leur vie n’est plus la même… Avant, il y avait de la vie chez eux… aujourd’hui, il n’y a plus rien ! Ils n’ont plus de vie sociale parce que pour les proches, il est difficile de leur demander “comment ça va” ou d’évoquer le souvenir de Cheyenne… Lorsqu’ils s’accordent quelques jours de vacances, ils rentrent finalement après trois jours parce qu’ils ne veulent pas laisser l’urne funéraire de leur fille…"

Sa famille était d’ailleurs en nombre ce jeudi matin, à l’audience du tribunal de police. La mère de Cheyenne a pris la parole. "Lorsqu’on m’a appelée après l’accident, on m’a dit que c’était grave et que Cheyenne avait perdu une jambe, se rappelle-t-elle. Sur le chemin vers l’hôpital, je me suis dit que, malgré sa jambe, elle est là, en vie et qu’on serait là pour elle, que ça va aller… Et puis, le médecin m’a expliqué toutes les autres blessures, et peu après, on nous a annoncé qu’elle était décédée en salle d’opération. Il n’y a pas pire douleur que le décès de son enfant, et de se dire que sa fille a souffert, a été littéralement fracassée et s’est vidée de son sang ! Elle est morte seule et je n’ai pas pu lui tenir la main…" En larmes, elle raconte sa vie d’aujourd’hui. "Toute la famille est anéantie… Les jours noirs et les nuits d’insomnie s’enchaînent. On ne vit plus, on ne fait quesurvivre et on essaie de tenir pour nos autre s enfants et petits-enfants."

"Cheyenne était pleine de projets pour construire sa vie, ajoute l’une de ses sœurs. Mais un motard est passé par là… On nous a enlevé notre rayon de soleil, notre bébé à tous, le plus beau sourire de la famille, l’une des personnes les plus importantes dans ma vie ; elle était tout pour moi, c’était mon petit chouchou. Qu’y avait-il de plus important qu’une vie humaine pour rouler à 130 km/h ?"

Après l’émotion de ces discours, la substitut du procureur du roi a pris la parole. Elle a requis une peine de 18 mois de prison, sans s’opposer à un sursis, et à une déchéance de permis de 2 ans, avec obligation de repasser tous les examens après cette période.