Une école de sous-officiers à Tournai en 2026

Pour accueillir et former les nouvelles recrues, la ministre de la Défense a le projet d’ouvrir une école de sous-officiers à Tournai.

P.Den
 Ludivine Dedonder veut permettre aux militaires de se former et de travailler plus près de chez eux.
Ludivine Dedonder veut permettre aux militaires de se former et de travailler plus près de chez eux. ©ÉdA – 6058618043

Que cela plaise ou non à Theo Francken (voir notre édition de ce jeudi 30 juin), la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder confirme sa volonté d’ouvrir une école de sous-officiers… à Tournai. Mais, la Tournaisienne se défend de vouloir favoriser sa ville au détriment d’autres régions du pays! "Aujourd’hui, on se retrouve face à une situation où l’on se doit d’augmenter les recrutements pour pouvoir garantir l’opérationnalité et le travail de la Défense, insiste Ludivine Dedonder. Il est prévu d’engager 2500 personnes par an, et même 2800 à partir de 2025. Pour répondre à l’arrivée de ces nouvelles recrues, il faut augmenter les capacités d’accueil et de formation au sein de nos casernes."

La rénovation de la 5eaile de Ruquoy

La ministre a présenté son Plan de quartiers, et la nouvelle répartition géographique des quartiers militaires. "Au contraire de mon prédécesseur de la N-VA (NDLR: Steven Vandeput, de 2014 à 2018) qui avait une logique de centralisation et de regroupement des casernes (NDLR: en envisageant notamment la fermeture de la caserne de Tournai et son transfert vers Peutie) , pour ma part, je mise sur une décentralisation des casernes et une meilleure répartition géographique. Il n’y aura ainsi aucune fermeture de casernes; au contraire, nous allons en ouvrir deux nouvelles, l’une à Charleroi et l’autre en Flandre orientale! Nous allons aussi débourser 1,5 milliard d’€ pour rénover les casernes existantes; notamment l’aile n° 5 du quartier Ruquoy (Tournai)."

Des casernes plus proches des recrues

La caserne Ruquoy héberge déjà l’école de logistique de la Défense qui accueille 2000 étudiants par an ainsi qu’une compagnie de 1/3 Lanciers. Ludivine Dedonder envisage d’y créer une école de sous-officiers à l’horizon 2026.

"Actuellement, il n’y a qu’une seule école de sous-officiers, à Saint-Trond qui a atteint ses limites, ajoute la ministre. Elle ne pourra pas accueillir toutes les recrues que nous comptons engager dans les années à venir. À Tournai, il a déjà une infrastructure de formation, et donc il était logique, cohérent et responsable d’envisager cette caserne pour accueillir et former les futurs militaires qui habitent le Hainaut, la Flandre orientale et la Flandre occidentale. Comme à Saint-Trond, l’école de Tournai sera bilingue.Si on veut attirer et garder davantage nos militaires, il faut leur proposer une formation et un travail plus près de chez eux. Offrir aux membres du personnel la possibilité de travailler plus près de chez eux réduit leur trajet quotidien et a un impact positif sur leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et donc sur le bien-être.Il y a aussi la proximité avec la France qui peut être un atout; nous devons travailler avec nos voisins pour pouvoir se déployer ensemble sur le terrain!"

Chaque année, la Défense forme un peu plus d’un millier de sous-officiers.On peut ainsi s’attendre à la présence de plusieurs centaines de jeunes militaires supplémentaires à Tournai d’ici quelques années. Des stagiaires qu’il faudra aussi loger… à la caserne Saint-Jean, mais dont les bâtiments sont actuellement occupés en grande partie par le centre d’accueil de demandeurs d’asile. Des contacts ont été pris avec Fedasil et la Croix-Rouge pour envisager une solution.

Des discussions sont aussi en cours avec certaines communes de la région pour trouver des terrains d’entraînement à proximité de la caserne. P.Den.