Les vergers de Barry ne sont pas non plus épargnés par les vols de fruits: «C’est désolant!»

Pas plus tard que vendredi soir, une dame a tenté de dérober des fraises sur le site des vergers de Barry. Le dispositif de sécurité a cependant mis en fuite la voleuse, qui n’en était pas à son coup d’essai.

Pierre-Laurent Cuvelier
 La voleuse a dû rebrousser chemin suite au déclenchement de l’alarme.
La voleuse a dû rebrousser chemin suite au déclenchement de l’alarme. ©-Vergers de Barry (image de caméra de surveillance)

Le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur tant en Belgique qu’en France. Depuis plusieurs années, les vols de fruits et de légumes se multiplient au grand dam des arboriculteurs et maraîchers qui constatent avec impuissance le pillage de leurs cultures. Quand il ne s’agit pas de chapardeurs soucieux d’assouvir leurs désirs de consommation, les professionnels de la terre sont parfois victimes de bandes organisées qui revendent au marché noir le fruit de leurs méfaits.

Toutes les fraises d’un demi-tunnel volatilisées voici deux ans

Aux vergers de Barry, dans l’entité de Tournai, Guillaume Mahieu est confronté à cette problématique de manière récurrente. Pour protéger ses pommes des vols organisés, l’exploitant a fait clôturer ses parcelles il y a deux ou trois ans à l’aide de fils de fer et de barbelés.

Les pommes ne sont pas les seuls fruits qui suscitent les convoitises de citoyens peu scrupuleux. Ce n’est en effet par la première fois que des fraises cultivées sur le site du Bois de la Haye à Barry sont la cible des voleurs.

" Il y a deux ans, en arrivant sur une parcelle, j’ai eu la mauvaise surprise de voir que la production d’un demi-tunnel avait disparu. En pleine saison, cela représente une bonne centaine de barquettes de fraises. Un manque à gagner qui n’est pas négligeable sur base d’un prix de vente de 5 € le ravier.Certains voleurs poussent même le vice en utilisant les caisses ou les raviers si on a le malheur de les laisser près des parcelles . Contrairement aux pommes, il s’agit surtout de petits larcins ", explique Guillaume Mahieu.

Des caméras autour des fraisiers qui démontrent leur utilité

Le producteur des vergers de Barry a investi cette année dans un système de vidéosurveillance. Autour de ses tunnels de fraises, plusieurs caméras ont été installées et il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’elles démontrent toute leur utilité.

Vendredi soir, une dame qui n’en était pas à son coup d’essai a tenté de dérober des fraises. La voleuse a cependant dû rebrousser chemin, sans rien emporter, suite au déclenchement de l’alarme. " Ce n’est pas la première fois qu’on la surprend sur le site. Quand on l’interroge, cette dame prétexte vouloir acheter des fraises. Ce genre de comportement est désolant et je me passerai bien de devoir faire la police. Au-delà du manque de respect pour tout le travail abattu, c’est aussi mon gagne-pain et celui de mes cueilleurs ", se désole l’exploitant tournaisien, qui insiste sur l’importance de la présence – très dissuasive – de ses travailleurs en action durant la saison.

Grêle: quels impacts sur la culture de fraises?

Une dizaine de jours après les violents orages, accompagnés de grêlons, qui ont endommagé une partie de ses cultures, Guillaume Mahieu se serait bien passé de ce type de mésaventure. Comme tous les autres cultivateurs, son métier est constamment "mis à mal" par les effets du dérèglement climatique.

" Les fraises qui se trouvent dans les tunnels ont été épargnées mais au niveau des rangs extérieurs, j’estime les pertes à 30% de la production. Mais ce ne sera qu’à la fin de la semaine prochaine que l’on pourra évaluer l’impact de ces intempéries, car les fruits touchés commencent seulement à se développer dans les cultures de plein champ ", nous dit le producteur.