Le Tournai d’avant: un toit, oui et après?

Le Logis Tournaisien gère 2240 logements qu'il entretient et rénove. Aux habitants de se créer un mieux vivre ensemble.

Étienne Boussemart

Ces grandes cités offrent assurément l'aspect agréable de villages agrégés à la cité. Lieux de vie qui sont constamment modernisés. Ainsi, jusque 1940, les cités construites ne comportaient qu'un WC à fosse, une citerne, l'eau de ville n'était disponible que via un robinet commun situé dans chaque rue et nombre d'éclairages avaient encore recours au gaz.

Tout changea dans le sens d'un confort plus grand dès 1964. Mais aux voiries modernes et aux habitats confortables devait se joindre un brassage d'un temps à partager. Car, ne l'oublions pas, l'Homme est un animal grégaire.

L'exemple

Il a bien grandi, le Maroc depuis l'arrivée des premiers locataires en 1925. Ceux-là étaient encore imprégnés des liens tissés dans les quartiers populaires avec les voisins, ils ont construit le Maroc social, celui qui voit les habitants voisiner, s'entraider, bavarder sur le pas de la porte ou par-delà le fil qui limite le potager.

Parmi ces "Marocains" et fiers de l'être, se sont levés des meneurs pleins d'enthousiasme et d'initiatives. Ils se sont acharnés bénévolement à rendre plus étroits ces liens sociaux. Ils ont rassemblés la cité autour de la kermesse du 15 août, d'un chapiteau avec spectacle, créé des groupes carnavalesques où jeunes et anciens se côtoyaient joyeusement. Le sport mêlant les générations fut un grand vecteur de cette vie commune avec du foot, des équipes renommées de balle pelote, du tennis de table à la Casbah (refuge sain pour une jeunesse naturellement exubérante). Une façon de vivre qui perdure.

Pour la journée du Logis du 29 avril, les "Écrivains Publics ont réuni et interrogé les habitants. Tous, de tous âges, ont conté leurs heureux souvenirs, ramené des photos, des noms, des objets .qui s'exposeront à l'hôtel de ville.

Le Maroc n'a pas été suivi par les autres cités, même s'il y eut quelques tentatives,, venues plus tard, alors que la voiture et les écrans mobilisaient les habitants dans leur fauteuil.

Sauvegarde

Saisir les opportunités qu'offre le marche de l'immobilier est une quête journalière mais pour.les amoureux de Tournai, le sauvetage de quelques beaux immeubles fut salué comme il se doit. Maisons de carriers à Allain, et béguinage à la Madeleine sont exemples. Mais, plus encore, deux d'entre eux méritent une citation particulière tant le défi offert alors à Eddy Sory et à son équipe était complexe.

S'attaquer en 2007 aux fleurons de l'Art Nouveau, les 28B (malheureusement dégradé par une restauration antérieure) et 29 de l'avenue Van Cutsem pour les transformer en appartements était un énorme défi car ces demeures étaient classées, ce qui n'avait pas empêché leur délabrement faute d'entretien.. Ces contraintes multiples nées notamment des règlements de la RW. nécessitèrent bien des cheveux gris aux promoteurs les dépenses furent à la hauteur des spécificités du chantier (57 280-Aujourd'hui, ces deux demeures de 1904 dues aux frères Strauven, émules de Horta, sont sauvées.

Tout aussi complexe est la transformation en appartements de la brasserie St-Yves - Carbonnelle, 18, rue de la Madeleine, datée de 1887. On parla de "folie constructive" pour la transformation d'un édifice industriel assurément intéressant mais bourré de solides défis techniques relevés avec brio dans une volonté de réaliser des appartements sûrs, fonctionnels, lumineux..

C'est aussi la mission de ces sociétés que de sortir de leurs préoccupations majeures et d'assurer un rôle de sauvegarde d'immeubles anciens et/ou de caractère.