Tournai: 2021 a débuté sur fond de violences pour Luc Depret lors d’une intervention policière à domicile

Le vendredi 1er janvier 2021, deux couples d’amis et leurs deux enfants de 13 ans, passaient la soirée ensemble. Cela, dans la bonne humeur jusqu’à ce que la police frappe à la porte. En pleine période de confinement, le climat était quelque peu tendu…

Vincent Dubois
Tournai: 2021 a débuté sur fond de violences pour Luc Depret lors d’une intervention policière à domicile
Luc Depret se dit aujourd’hui serein, malgré le procès qui devrait avoir lieu en mars prochain, mais il caresse aussi toujours un profond sentiment d’injustice. ©EdA

Une précision s’impose d’emblée: Luc Depret, assistant social de 63 ans, et accordéoniste bien connu à Tournai, ne nous a jamais sollicités pour rédiger cet article. C’est nous qui l’avons contacté après avoir revu son visage tuméfié à la une de nos éditions du lundi 4 janvier sous ce titre:

"La soirée du 1er janvier se termine dans la violence après une intervention policière à Tournai". Pour rappel, alors que lui et sa compagne passaient la soirée chez un couple d'amis en compagnie de leurs enfants à la rue Cottrel, la police s'est présentée au domicile.

Nous ne reprendrons pas ici les déclarations contradictoires des différents intervenants sur la manière dont s’est déroulé ce contrôle car l’affaire doit encore être examinée par le tribunal, mais il est un fait qu’après cette intervention, Luc, qui saignait abondamment au visage, a, encadré par deux policiers, été emmené aux urgences du Chwapi pour y recevoir des soins.

Victime d’une crise d’asthme après avoir été placé en cellule, il est retourné quelques heures plus tard. Il a finalement pu rejoindre ses pénates un peu avant 6 h, le lendemain.

L’affaire devrait passer au tribunal le 17 mars

Cette affaire s’est déroulée dans un contexte tendu, à l’heure où la Belgique était soumise à un confinement strict. Les pandores avaient notamment pour mission de veiller à ce que certains ne fassent pas exploser les bulles imposées par le gouvernement fédéral.

Mais, contrairement à ce que d’aucuns ont dit à l’époque, ce n’était pas prioritairement la volonté de faire respecter les règles sanitaires qui justifiait l’intervention de la police à la rue Cottrel mais bien officiellement une plainte pour tapage nocturne déposée par une voisine. Les principaux chefs d’inculpation de Luc, de sa compagne et de son ami, concernent des faits de rébellion non armée.

"On se défendra dignement, précise Luc, mais on caresse toujours un sentiment d'injustice…" Il s'interroge aussi sur la disproportion des moyens déployés par les forces de l'ordre pour une affaire qu'une "simple conciliation" aurait sans doute pu résoudre si elle avait été acceptée. Cela n'a pas été le cas et le procès, dont la date avait été fixée au 4 novembre, aura finalement lieu le 17 mars. Aujourd'hui, Luc se demande si cette affaire aurait connu une telle ampleur si elle n'avait alimenté les réseaux sociaux. Sur lesquels ni lui, ni sa compagne ne sont actifs…