Dodo la Saumure est-il sorti d’affaire?

Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, a compilé ses déboires judiciaires dans un dossier qui soulève pas mal de questions. Nous en avons soumis certaines au parquet de Tournai. Les réponses sont… sans appel.

Vincent Dubois
Dodo la Saumure est-il sorti d’affaire?
Dodo la saumure n’a rien perdu de sa gouaille et c’est notamment ce que certains lui reprochent... ©EdA

«Poursuivi depuis 20 ans pour les mêmes faits, acquitté par deux fois, condamné une fois, toujours pas jugé pour les faits de 2011 et 2016… À ce jour, aucune suite donnée à mon dossier.

Justice discriminatoire, ordonnée et surréaliste!», c'est en substance la conclusion d'un imposant dossier confectionné par Dominique Alderweireld lui-même sur les déboires judiciaires qu'il traverse depuis ses premières arrestations en 2002 et 2007 pour tenue de maisons de prostitution.

Des faits pour lesquels il avait été acquitté par le tribunal d’Audenarde.

Dans un premier temps...

L’arrestation dont tout le monde se souvient date quant à elle de 2011, dans la foulée de l’affaire DSK.

Sans entrer dans les détails de la procédure (que nous avons par ailleurs largement évoquée dans nos pages à l’époque), Dodo la Saumure connaîtra au fil des années qui suivront de nouvelles arrestations, plusieurs comparutions devant des tribunaux, des acquittements également jusqu’à cette dernière arrestation, en 2019, toujours pour des faits similaires liés à la tenue et à l’exploitation de maisons closes.

Impossible de retranscrire l’intégralité du dossier réalisé par le principal intéressé, un journal n’y suffirait pas. De plus, celui-ci met en cause l’intégrité de certains enquêteurs et magistrats intervenus dans le cadre de cette affaire; des accusations graves qu’il lui appartiendra, s’il le souhaite, de soutenir devant les autorités compétentes au moment opportun.

Des questions qui posent… questions

Outre le fait qu’il s’étonne de ne pas encore avoir été jugé pour les affaires remontant à 2011 (DSK) et à l’issue de la nouvelle instruction que nous évoquions plus haut et qui a été ouverte en 2016, Dodo se demande s’il n’y a pas en l’occurrence ici «dépassement du délai raisonnable».

Dans ce même dossier, il évoque aussi l'évolution du «secteur» de la prostitution au fil de la dernière décennie et notamment le fait que l'on voit éclore un peu partout aujourd'hui des établissements ou des réseaux «spécialisés» en ce domaine sans que l'on s'en inquiète outre mesure (selon lui); il évoque, par exemple, le cas de maisons closes pour lesquelles le conseil communal de Namur se serait inquiété du fait que «les prostituées en vitrines s'habillent de façon plus décente afin de ne plus occasionner d'accidents de voiture» .

Dodo s’étonne également que le Conseil d’État du 16 septembre 2016 permette d’instaurer une taxe communale sur les établissements de prostitution alors que l’article 380 du Code pénal interdit la tenue de maisons closes.

Dit comme ça, cela peut en effet paraître paradoxal…