VIDÉO | Rencontre insolite avec la limule au sang bleu du musée d’histoire naturelle de Tournai

Durant les vacances, L’Avenir/Le Courrier vous propose de découvrir chaque semaine un objet insolite sorti des collections de nos musées régionaux. Nous vous livrons le premier article de cette série que vous retrouverez chaque lundi dans les pages de votre journal. L’objet insolite de ce lundi est exposé dans l’une des vitrines du musée d’histoire naturelle de Tournai. Il s’agit d’une carapace qui appartient à un animal au destin très étonnant…

Vincent Dubois

À première vue, cela ressemble un peu à une grosse tortue dotée d’un aiguillon en forme de sabre mais dont une écaille unique formerait la carapace. En réalité, cette dernière appartient à une bête à l’allure préhistorique qui répond au doux nom féminin de limule.

Le musée d’histoire naturelle de Tournai dispose de deux carapaces de taille différente. Elles sont exposées dans une vitrine, à quelques pas de l’entrée dans la galerie principale.

Un animal qui a gardé son allure préhistorique

«La limule est un animal aquatique panchronique, c'est-à-dire qui ressemble comme deux gouttes d'eau à son ancêtre apparu au sein du groupe des mérostomes il y de cela 400 ou 500 millions d'années, soit bien avant les dinosaures», explique le passionné conservateur du musée, Christophe Remy.

«La limule – enfin, il faudrait dire «les» car il en existe trois genres et quatre espèces – qui a connu l’âge de glace, l’asphyxie au carbone, les chutes d’astéroïdes, les tremblements de terre, de nombreuses éruptions volcaniques et des guerres à n’en plus finir, est aujourd’hui menacée.

 Un curieux animal particulièrement utile dans le domaine médical…
Un curieux animal particulièrement utile dans le domaine médical… ©ÉdA
 Le succès de la limule est aussi la cause de sa perte…
Le succès de la limule est aussi la cause de sa perte… ©ÉdA

De plus, sachant qu’un litre de ce précieux liquide peut coûter jusqu’à 15 000€ sur le marché, les sociétés qui se soucient de la survie des animaux donneurs ne sont pas légion. Certains labos commencent toutefois à plancher sur la production d’un L.A.L. de synthèse. D’autant que la disparition massive des limules à un impact énorme sur certains écosystèmes.

Ainsi, quand les limules viennent pondre massivement sur certaines plages de l’Atlantique ou du Pacifique, cela donne lieu à d’énormes rassemblements d’autres espèces friandes de ces œufs fraîchement pondus, dont pas mal d’oiseaux. Lesquels perdent aussi petit à petit des ressources qui garantissent leur survie.

Ajoutez à cela que, dans certaines régions d’Asie, la limule grillée ou bouillie est inscrite à la carte de certains restaurants, et vous comprendrez que tout n’est plus vraiment rose aujourd’hui au pays des limules. Aussi, quand vous franchirez l’entrée du musée d’histoire naturelle de Tournai, lorsque vous aurez dépassé la tête de l’hippopotame qui vous accueille sous la verrière, n’hésitez pas à tourner le regard vers la gauche pour y voir les deux carapaces de limules auxquelles, peut-être, certains de nos aïeux, doivent d’avoir vécu en bonne santé…

++ Retrouvez d’autres infos dans les colonnes de L’Avenir/Le Courrier de ce lundi 5 juillet 2021 ++

Si vous souhaitez réserver une visite au musée, vous retrouverez toutes les infos utiles en cliquant ici.

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