Il y a vingt ans à Tournai, la tornade touchait 500 maisons

Le samedi 14 août 1999, vers 21 h, une tornade traverse Tournai du sud-ouest vers le nord-est et Rumillies.

G.E.

Vingt ans ont passé. Ceux qui ont vécu la tornade de l'intérieur ont encore en mémoire chaque détail. Vous avez été nombreux à nous transmettre votre souvenir de cette terrible veille d'Assomption. Cela venait trois jours après l'éclipse du siècle. «L'apocalypse après l'éclipse», avions nous titré.

La fureur puis le silence

Aurore Delhaye, 16 ans à l'époque, vit à la rue des Brasseurs. Le vent monte soudainement alors que tout devient noir. Sa mère veut rentrer le lapin qui est au jardin et la cage à perruches sur la cour. Mais le vent est fou. «Mon père saisit ma mère par les cheveux, la tire dans la cuisine, ferme la porte et le volet de la fenêtre qu'une Eternit transperce!» […] «Un bruit strident, oppressant, puissant, mélangé à des claquements, des bruits de verre cassé et plein d'autres choses. […] Puis un silence, tellement silencieux, est apparu… C'était terrifiant, pas un son, pas un murmure.» Commence l'exploration de la maison: «le lit de ma sœur étant transpercé de morceaux de verre, ma chambre mansardée était repliée comme un château de cartes, recouverte de tuiles, de boues, de branches, de déchets» […] Dans la voiture familiale, un sapin est entré par la lucarne arrière jusqu'au tableau de bord…

Quatre kilomètres de long, de quelques mètres à 500 mètres de large

Ce soir-là, la tornade prend forme à Marquain, à hauteur de la chaussée de Lille. Elle frappe déjà rue Charles Mauroy, rue de la Culture avant de franchir la plaine des Manœuvres. Elle attaque durement le haut du quartier Sainte-Marguerite, traverse la Grand-Place, secoue la cathédrale («elle a vieilli de cent ans en une nuit» dira-t-on).

Au-delà de l’Escaut, la tornade élargit son front et rebondit jusqu’à la gare. Elle passe le parc Crombez à la moulinette, puis elle dévaste le quartier Nord, suivant la chaussée de Renaix, jusqu’à la Verte-Feuille et Rumilies. Pylônes, arbres, toitures, voitures, rien ne lui résiste jusqu’à ce qu’elle baisse d’intensité au-delà de l’autoroute…

On retient la solidarité spontanée

Les dégâts sont considérables. Les services de secours, les professionnels (couvreurs, charpentiers, vitriers, mais aussi les assureurs) se mobilisent en ce week-end du 15 août.

On parle de cinq cents maisons touchées.

Bien sûr, on n’évite pas le tourisme de catastrophe qui vire parfois au voyeurisme, certains n’hésitent pas à entrer dans les maisons dont la porte a cédé!

Mais dans l’ensemble, les sinistrés d’alors se souviennent surtout d’un esprit d’entraide, d’une solidarité spontanée.