Jonathan Gray, déjà trente ans derrière les platines du dancing

Jonathan Gray, 68 ans, en a vu des gens se déhancher sur la piste de danse. Depuis trente ans, il anime le thé dansant du dimanche aux Arcades à Tournai.

Pauline Deneubourg
Jonathan Gray, déjà trente ans derrière les platines du dancing
©ÉdA – 302162917478

Depuis son plus jeune âge, Michel Thiebaut, alias Jonathan Gray, vit pour la musique. Au fil des années, le Tournaisien a troqué son bugle (instrument de musique à vent) qu'il trimballait d'un orchestre à l'autre, pour les disques et tables de mixage. «Après les années "Bals avec orchestre", une nouvelle tendance est arrivée avec les radios libres et les soirées DJ, rappelle-t-il. À la fin des années 70, je suis rentré à la radio "WLS", West Local Station, comme DJ spécialisé dans le style Golden Sixties. C'est à ce moment-là où j'ai pris mon nom de scène: Jonathan Gray car mon nom de ville n'avait pas une belle consonance anglophone… J'ai ainsi choisi Jonathan en hommage au film "Jonathan Livingston, Le Goéland" dont la musique m'avait subjugué. Et le "Gray", c'est un ami de la radio qui trouvait que cela sonnait bien…»

Tout en conservant son emploi de banquier, Jonathan Gray enchaîne les soirées «WLS» en Belgique et en France. «En 1988, on m'a demandé de remplacer le DJ spécial "thé dansant" au dancing Les Arcades… je n'ai plus quitté les platines! Deux dimanches par mois, je prends plaisir à m'installer dans ma petite cabane et à offrir un bon moment aux personnes présentes.»

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Lorsque Jonathan Gray débarque aux Arcades, un dancing de Tournai, il a dû faire évoluer son registre musical. «Je suis un grand fan de Johnny Hallyday et de Bruce Springsteen; j'étais plutôt spécialisé dans les musiques des années 60! Il ne fallait pas trop me demander la différence entre un cha-cha-cha, un boléro, un paso-doble, un tango, une valse, un quick-step… Pour me familiariser avec ses différentes danses de salon, je me suis inscrit à Tournai-Danses, non pas pour danser, mais pour écouter la musique.» Aujourd'hui, le DJ jongle entre les différents styles de musique et sa centaine de disques. «Le dimanche, le thé dansant se déroule en deux temps: l'après-midi est davantage dédié aux danses et musiques de salon tandis que le début de soirée, ce sont plus des musiques festives comme le rock, le disco, etc. Je tiens à proposer des musiques qui vont permettre à tout le monde d'y trouver son compte et ainsi m'adapter au public qui est assez varié; je n'ai pas de playlist toute faite! Et, au fil des années, je connais les goûts des clients. Le contact est également primordial, je n'envoie pas les chansons les unes après les autres et je ne bouge pas les boutons de la table de mixage sans lever les yeux vers la piste. Il est important de pouvoir mettre le public dans l'ambiance avec quelques mots d'introduction aux chansons, de les inviter à danser, etc. Je suis avant tout animateur!»

Ce dont le Tournaisien est le plus fier est sa cultissime «danse des quatre pas». «Je trouvais chouette de pouvoir apporter ma touche personnelle et récurrente au thé dansant. J'ai ainsi créé une danse sur une musique disco. Dès que je la lance, les gens se regroupent sur la piste et entament la danse en rythme; c'est un moment attendu par tous et toutes et cela me donne le sourire!» Dernièrement, cette danse des «quatre pas», les quelque deux cents personnes présentes au thé dansant n'ont pas manqué de l'honorer pour fêter dignement Jonathan Gray et ses 50 ans de musicien et de DJ, dont 30 ans aux Arcades!