Chemin de foi avec Notre-Dame la Brune

En habits chamarrés des riches confréries ou en pauvres robes de moines et moniales, jeunes et moins jeunes, tous sont volontaires pour aller, par les rues et venelles cerclant les anciens remparts, porter un message de paix.

Telle est la Grande Procession.

Changer ou disparaître

Changer, un mot que conjugue à tous les temps Mgr Harpigny en son homélie. Il ose plonger dans cette réalité contemporaine «des tueries au nom de Dieu, des cris de victoire quand tombent des innocents» pour oser aussi clamer qu'il faut défendre «le vivre ensemble dans un État de droit» mais aussi «désigner le mal où il est et le combattre».

Est-on là loin de la procession? Celle-ci est un exemple d’union face à un péril immense contre lequel se sont ligués nos aïeux. Ils ont pérégriné en partageant cet espoir, alors de guérison. Ces statues et reliquaires ne sont rien d’autre que cette espérance envers Dieu et/ou ses intercesseurs.

Il est tant d’appellations de Notre-Dame, tant de pouvoirs qui lui sont attribués dans la foi simple des paroissiens. Ainsi, mise à l’honneur cette année, Notre-Dame la Brune arriva en la cathédrale voici bientôt 450 ans.

Cette statue, par sa simplicité, son attitude de mère, sa proximité, cristallise autour d’elle une ferveur intense qu’illustraient jadis des dizaines d’ex-voto. S’il y a moins de priants aujourd’hui, la foi est identique.

Il y avait un peu plus de spectateurs dans les rues pour ce cortège harmonieux, coloré et musical, organisé par Marc Moriau et son comité. Un succès qui rendait heureux l'évêque Guy Harpigny qui avait cette réponse sur le futur de la procession: «changer ou disparaître».

À ce propos, la «disparition» du Saint-Sacrement (c’était déjà le cas l’an dernier) continue d’être diversement appréciée par les chrétiens. Le reliquaire de la vraie Croix (la croix byzantine) ayant été volé en 2008, ce sont les deux symboles les plus intenses de la foi catholique qui ne sont plus visibles lors de la Grande Procession.