Une escale pour relever la tête

Le réseau Actions Intégrées de Développement (AID) fête ses 30 ans. À Warchin, l’Escale accompagne une centaine de stagiaires vers le marché du travail.

Pauline Deneubourg
Une escale pour relever la tête
AID L'escale ©ÉdA – 30615877699

Les préjugés envers les chômeurs ont encore la dent dure! Pourtant pour beaucoup d’entre eux, ce n’est pas un choix… La perte d’un emploi, le manque de formation,… et le cercle vicieux se met en route. Certains le vivent mal, sombrent dans l’isolement et au final, perdent tout ancrage social et ruinent leur espoir de retrouver un emploi.

Pour les aider à relever la tête, l'AID l'Escale, située au Vieux chemin d'Ath à Warchin, propose des formations de réinsertion socio-professionnelle en horticulture, peinture et parachèvement en bâtiment ainsi que des modules de remise à niveau et d'orientation. «Chaque année, nous accompagnons une centaine de stagiaires dont une soixantaine dans le cadre de formation par le travail, explique Anne Wauthier, directrice. Ce sont des personnes de tous âges faiblement qualifiées, avec au maximum un diplôme de secondaire inférieur. Les formations proposées s'étalent sur dix-huit mois, mais les stagiaires peuvent partir plus tôt s'ils ont trouvé un emploi.»

La politique de chômage se fait ressentir

Au terme de la formation, plus d'un stagiaire sur deux trouve un emploi! «Depuis quelques mois, nous remarquons une légère augmentation du nombre d'abandons en cours de formation, nuance Anne Wauthier. En raison des nouvelles politiques de contrôle des chômeurs, certains d'entre eux sont obligés de prouver qu'ils effectuent des formations… Ils arrivent donc chez nous, forcés et contraints, sans réellement réfléchir à l'orientation professionnelle qu'ils souhaitent. Et dans cette situation, c'est difficile d'avoir des résultats positifs… mais, heureusement, la grande majorité de nos stagiaires sont motivés!»

Un accompagnement au-delà de l’apprentissage

À côté de l'apprentissage d'un métier, l'Escale accompagne ses stagiaires dans les différentes démarches psychosociales. «Une assistante sociale est présente pour les aider dans la recherche d'un logement, les accompagner dans la prise en charge de problèmes médicaux, etc. Pour certains stagiaires, un travail important est ainsi nécessaire avant même l'apprentissage du métier pour essayer de les resociabiliser et de les sortir de l'engrenage dans lequel ils se trouvaient… Même si nous attendons des résultats et l'acquisition de certaines compétences, nous souhaitons surtout que les sans-emploi retrouvent une confiance en eux, une vie sociale et un goût pour le travail qui vont leur permettre de s'en sortir!»