Un chemin, entre foi et histoire

Nouvel agencement pour la Procession. Près de neuf cents porteurs et musiciens ont remonté le temps. Le public? Ça dépendait des rues…

Étienne BOUSSEMART
Un chemin, entre foi et histoire
Procession Ty texte ©ÉdA

Septante groupes composent la Grande Procession. L’événement ne s’improvise pas. Tout s’y organise, la sécurité d’abord. Après ce qui vient encore de se produire à Saint-Julien à Ath, et bien sûr personne n’oublie la croix byzantine, pas de risques. Seules les statues «de moindre valeur» sont rangées dans la nef; châsses, croix et objets précieux se calfeutrent dans la salle du trésor, gardés par alarmes et porte blindée.

La mise en place, c'est pour Pierre-Marie, Jean et Éric qui manient chaque objet avec «une nécessaire attention, ces pièces sont âgées, fragiles et aussi lourdes telles les châsses avec la Notre-Dame de 135 kilos, Saint-Eleuthère d'environ 100. Celle des Damoiseaux ne dépasse pas les 50. Tout est installé sur des brancards surélevés par des tréteaux».

Les fleurs sont indispensables… La firme Desablens, pour la vingtaine de statues, disposera près de deux mille œillets, gerberas, chrysanthèmes et glaïeuls en harmonies subtiles.

L'avis est unanime «la procession était beaucoup plus belle». Pourtant, les costumes, chatoyants, fastueux ici, pauvres là, n'ont pas changé. Par contre, «les groupes étaient mieux fournis, il y eut moins de trous», d'attente, la dignité et la tenue de ces bénévoles étaient à la mesure de leur mission de représentation au cœur des groupes constitués ».

Pour ce qui est de la présence du public, même s’il n’y a pas eu d’effet «Mons 2015», les rangs étaient plutôt fournis à la rue de la Tête d’Or. En d’autres endroits aussi. Rue Royale en revanche, c’était plutôt clairsemé alors qu’avec la cathédrale en arrière-plan, le spectacle est d’autant plus joli.

Cela étant, à observer les assemblées lors des différents offices – même à 8h30 ce dimanche – il est tentant de penser, comme ce prêtre, que «nombre de personnes gardent une croyance mais ne l'expriment plus par une présence régulière, espérons qu'il ne faudra pas un cataclysme pour qu'elles reviennent chercher l'espoir auprès de la Vierge».

À l’honneur cette année, Notre-Dame du Salve, vénérée en l’église St-Hilaire de Thimougies. En bois polychromé, datée du XIVe ou début XVe, une douce Vierge pensive avec l’Enfant attentif sur le bras.

Les remerciements de Mgr Harpigny furent chaleureux, adressés aux autorités communales et «à tous ceux qui se sont investis dans cette ode de fidélité, de gratitude et de confiance à la Vierge ».