Blanc ébène, de Patricia Willocq

À découvrir jusqu’au 26 octobre à la Maison de la culture: la superbe exposition «Blanc ébène» de la photographe «sociale» Patricia Willocq.

Christophe Desablens
Blanc ébène, de Patricia Willocq
Exposition Blanc ébène ©Patricia Willocq

Dans beaucoup de régions d’Afrique, être albinos n’est pas la situation la plus enviable qui soit. Au Congo, où ils sont toujours stigmatisés par la société, les Ndundus (albinos en lingala) sont bien mieux lotis que leurs congénères tanzaniens ou burundais, mutilés et tués par les sorciers pour la concoction de gris-gris. Néanmoins, la situation évolue bien mieux que dans certains autres pays d’Afrique centrale car leur intégration est de plus en plus acceptée et encouragée par les gouvernements.

C'est cette réalité que décrit l'exposition «Blanc ébène». «Patricia Willocq est devenue photographe amateur un peu par hasard. Mais grâce à l'énergie incroyable qui l'anime, elle est devenue une photographe (sociale comme elle se définit elle-même) reconnue», témoigne Jacky Legge, animateur à la Maison de la culture où l'exposition se tiendra du 4 au 26 octobre.

Née à Kinshasa (Congo RDC) où elle a grandi, Patricia Willocq parcourt aujourd’hui le monde (Irlande, Belgique, Emirats Arabes, Chili, etc.) pour assouvir sa passion surgie dans la foulée de deux publications dans le magazine chilien Geografica en 2005. Aujourd’hui, la photographe fait partie des contributeurs principaux de Corbis Images U.S.

«Blanc Ebène» a reçu une mention d’honneur au concours photos UNICEF «Photo of the year award» et a été exposé en rue, à Kinshasa, grâce à la délégation Wallonie-Bruxelles. Le reportage photo a été publié dans plusieurs magazines et journaux dans le monde entier. C’est un témoignage d’espoir, de courage, de succès et d’amour pour rendre aux personnes albinos la dignité qu’ils méritent. Il montre une image positive et différente du Congo, qui se veut tolérant dans cette terrible question de l’albinisme en Afrique.

Un livre diffusé à l'occasion de l'exposition reprendra une sélection de clichés ainsi que des textes de journalistes ayant consacré dernièrement des articles à la photographe ainsi qu'à sa démarche en faveur de la protection des albinos d'Afrique: Marie-France Cros, le Tournaisien Jonas Legge (La Libre) et notre collègue François Descy. Celui-ci rapportait cet été cette phrase de la photographe dans son reportage: «Parce qu'elle parle tout de suite, une image peut changer le monde. Beaucoup de médias aiment montrer le misérabilisme en Afrique. Moi, je veux montrer des photos positives, d'intégration.»