Jeunes et aînés sur la route

Le thème de l’évacuation en mai 40 a retenu toute l’attention des bibliothécaires tournaisiens. Deux classes ont rencontré des témoins de l’exode.

F. L.
Jeunes et aînés sur la route
Sortir, expo Bibliothèque Ty ©EdA

Ce fut un fameux défi: tisser des liens entre les générations à partir d’une expérience mémorable. Les écoliers sont allés à la rencontre de ceux qui, enfants, ont vécu des heures et des jours difficiles, le plus souvent en famille. Le passé rejoint le présent: et si, aujourd’hui, on en parlait?

«Paroles d’enfants»

Parmi les initiatrices du projet intergénérationnel, Brigitte Martin ne cache pas son enthousiasme. » La section Jeunesse de la bibliothèque a souhaité inviter des classes à l'aventure. Les aînés se sont rencontrés à partir d'ateliers animés par Colette Cambier et Marie-Françoise Macou (Accordance ASBL) et par Annick Veys (Écrivains publics de Wallonie picarde). Deux enseignants ont emmené leurs élèves de sixième année sur les chemins de l'écriture. D'intéressantes discussions ont eu lieu, bien plus loin que dans le cadré fixé.»

Les écoliers des Ursulines et ceux de la Sainte-Union de Kain ont participé à des ateliers philosophiques conduits par Catherine Aloxe et Brigitte Martin. Les bibliothécaires soulignent avec plaisir le travail de fond des enseignants. Pour Damien Cabo (Ursulines), les enfants n'oublieront pas «l'émotion de certains aînés,à l'heure où ils racontaient ce qu'ils avaient vécu, même sans drame ni souffrance, parce qu'il s'agissait de quitter la maison, de partir vers l'inconnu». Et Françoise Malice (Sainte-Union) rappelle «les liens tissés dans les familles, suite aux questions posées, aux anecdotes confiées, puisque les écoliers avaient envie de communiquer tout cela».

Les textes et documents exposés dans l'espace qui conduit à la section Jeunesse explorent tant et tant de sentiers: le départ, la halte, la peur, les bagages, les moyens de transport, la guerre, les vêtements, la nourriture… Des poèmes répondent aux témoignages d'anciens petits migrants. Ilhona a rencontré Blanche qui se souvient qu'à son retour, en 40, «il y avait un ballon dans le jardin». Jean, «celui qui écrit dans sa tête», garde lui aussi des souvenirs plein la page. Un imposant volume est disponible sur place.

L’exposition «Évacuation 1940» est ouverte (entrée libre) à la Bibliothèque, jusqu’au 19 juillet.