Tournai: un potager collectif, c’est possible

Depuis quelques années, le potager a de nouveau la cote. La tendance de demain, ce pourrait être le potager collectif.

Géry Eykerman
Tournai: un potager collectif, c’est possible
roupin ©ÉdA – 201707116515

Jardin solidaire à Péruwelz, Fraternités ouvrières à Mouscron: les potagers collectifs existent déjà. Voici quelques années, à Todmorden (GB), les jardiniers sont allés beaucoup plus loin. Ils ont décidé d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire de leur ville.

«Cette expérience communautaire, dénommée «Incredible Edible» (incroyables comestibles) consiste en la mise à disposition gratuite par les volontaires participant au mouvement des légumes qu'ils cultivent dans leurs petits potagers disséminés dans la ville et accessibles à tous.» (1)

L’expérience a essaimé, de ce côté-ci de la Manche. En France notamment, mais aussi chez nous. Sans pour autant que chacun soit conscient de l’expérience anglaise, dont la force est le réseau. Sans même que chaque groupe qui se lance dans une aventure similaire ne soit au courant du fait qu’à quelques km de là, parfois moins, un autre groupe a vu le jour.

Un réseau pour avancer

Sociologue et urbaniste de formation, Tony Roupin a eu l'idée de structurer ce qui se fait sur Tournai. « Un projet est en cours au quartier du Maroc. Un autre au Luchet d'Antoing: ici il y a la volonté de le faire, mais pas encore de terrain. Et ce mardi, c'est la faisabilité d'un potager collectif qui se décide à la Verte-Feuille. D'autre part, il y a aussi un groupe actif au Vert Lion à Kain. Chaque projet a ses spécificités. L'un sera plus ouvertement intergénérationnel, un autre visera d'abord à recréer du lien social entre les habitants d'un quartier et leurs voisins, cela peut varier. Mais au-delà du plaisir de cultiver on sent qu'il y a toujours une double dimension de pédagogie et de communauté.

Pour tous ces groupes, il y a un intérêt à se reconnaître mutuellement, à interagir. En vue d'être entendu par la Ville qui a son rôle à jouer. Je suis convaincu qu'au-delà du bien-être qu'ils génèrent pour leurs membres, ces potagers collectifs peuvent améliorer l'image de marque de la ville.»

De facebook à la première AG

Avec quelques autres convaincus, Tony Roupin a créé un groupe facebook «potager collectif/Incredible edible Tournai». Les nouvelles, les idées, les tuyaux s'y partagent. Mais comme rien ne vaut une rencontre physique, une première assemblée générale se tiendra le jeudi 31 janvier à 20hdans les locaux de Canal J, rue du Château 19 à Tournai.

Difficile de dire quelle forme prendra le réseau. Mais la seule idée d’une réappropriation d’une (petite) partie de l’espace public au profit de la culture de fruits et légumes, sans lien à la propriété individuelle, a de quoi interpeller. Et faire réfléchir au fonctionnement de notre société, spécialement en temps de crise.

«En réalité un concept émerge, «la ville comestible», c'est-à-dire une ville réconciliée avec la nature pour le meilleur de ses habitants. Des escarmouches de projets se développent ça et là mais rares sont les villes qui innovent véritablement et prennent au sérieux ce changement. La Ville de Tournai, qui se veut une «Ville du Futur» ferait immanquablement un buzz en mettant l'accent sur ce développement.» note Tony Roupin.

(1) wikipedia

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