La gale n’est pas un accident de travail

Alain Duburcq, pompier, a attrapé la gale lors d’une intervention. Selon son assurance, la maladie n’est pas couverte comme un accident de travail.

La gale n’est pas un accident de travail
Alain Duburcq - Pompier par remboursé - Cas de gale ©ÉdA – 201555436778
Arnaud Smars

Pompier professionnel depuis 1999, Alain Duburcq a connu sa première grosse mésaventure depuis ses débuts dans le métier. Le 23août dernier, l’homme part pour une simple intervention, en ambulance. Il est alors chargé de transporter une personne vers l’hôpital le plus proche. Manque de chance, le malade a contracté la gale; ce qui est contagieux… C’est le début d’une chaîne sans fin…

Alain fait d'abord le tour des médecins pour trouver de quoi il souffre vraiment. « J'ai d'abord été chez le médecin de corps, qui pensait que je souffrais d'une simple allergie alimentaire. Ensuite, j'ai consulté un pneumologue-allergologue qui m'annonce que je souffre d'urticaire chronique… Enfin, le 20octobre, près de deux mois plus tard, M.Stephany suspecte la gale, ce qui sera confirmé par un dermatologue un peu plus tard ».

Mais, durant cette période de recherches, Alain a continué à travailler et à voir sa famille. «La gale est très contagieuse. Ma femme et mes deux filles l'ont aussi attrapée… Nous avons été obligés de désinfecter la maison, le linge, les draps…Le tout à nos frais»

Pourtant, tout aura pu être évité si la communication avait été de meilleure qualité. «Quand on part en intervention, on ne sait jamais de quoi est atteinte la personne. Si l'hôpital m'avait prévenu que le patient souffrait de la gale, j'aurai pu me soigner directement et ne pas contaminer ceux qui m'entourent ».

Comme si cela ne suffisait pas, le traitement censé le soigner ne lui convient pas. «J'étais allergique au produit et j'ai attrapé un sévère eczéma ».

Mais le plus grave arrive. En ce début de semaine, Alain Duburcq a reçu un courrier de son assurance l’informant qu’il ne pourrait bénéficier de l’intervention «d’accident de travail ».

«Selon mes interlocuteurs, les éléments de mon dossier ne me permettent pas d'être remboursé, ni d'être couvert. J'en ai pour 410€ de frais médicaux mais en plus, je vais certainement devoir rembourser les gardes de nuit et de week-end. Comme je ne suis pas couvert, il juge que je ne les ai pas effectuées… Là, c'est une bonne partie de mon salaire que je vais perdre! »

Face à cette incompréhension, le Tournaisien a alors téléphoné à son employeur: la Ville. «Ils se rangent à l'avis d'Ethias. Tout devra donc être réglé à mes frais… »

Heureusement, Alain peut compter sur le soutien de ses collègues, notamment du commandant. «Il m'a poussé à créer un dossier avec tous mes papiers et autres certificats. Il remettra personnellement au service juridique de la Ville mon dossier de 18 pages. J'espère que cela servira à quelque chose ».

Si ces démarches n’apportent rien, le pompier n’aura plus le choix, il se tournera vers la justice et le tribunal du travail.