Odile, candidate à «Miss Ronde», prône le respect et la tolérance

Pour Odile Beharel, de Tournai, monter sur la scène des «Belgian Maxi model Awards», c’est avant tout faire un pas vers l’autre.

Vincent Dubois
Odile, candidate à «Miss Ronde», prône le respect et la tolérance
Odile Beharel ©Facebook

Étudiante en droit à l’Iset à Tournai, Odile Beharel, 20 ans, affiche ses rondeurs avec une réelle élégance. Et revendique le droit d’être regardée pour ce qu’elle est, et non pour ce qu’elle paraît aux yeux de certains.

Des regards, elle en a déjà de nombreux qui se sont posés sur elle; la jeune femme vient en effet de décrocher un titre de mi-finaliste au très réputé concours «Belgian Maxi model Award», connu jusqu’il a peu encore sous le nom de «Miss Maxi».

Du charme et des rondeurs

Une manifestation organisée en Flandres – mais ouverte aux candidates wallonnes – et que l’on a souvent tendance à appeler «Miss ronde» au sud du pays.

«C'est une amie qui participe également à ce concours qui m'a incité à m'y inscrire, précise la jeune Tournaisienne. J'ai envoyé un mail un vendredi il y a environ un mois, j'ai reçu la réponse le samedi et le dimanche, je défilais sur la scène à Boortmeerbeek, dans la région de Louvain.

Sans grande prétention, car je ne suis pas du genre à passer du temps à me maquiller ou à me coiffer le matin. Le fait d'avoir été sélectionnée parmi les mi-finalistes – sur une vingtaine de candidates wallonnes – c'est déjà une belle victoire pour moi», estime la jeune femme au caractère bien trempé.

Les mentalités évoluent

Mais, au-delà du fait que la future lauréate pourrait se voir ouvrir les portes du mannequinat, ce qui intéresse la jeune Tournaisienne, ce sont les rencontres que permet ce type de manifestation.

Sans oublier la possibilité de faire changer le regard que les autres portent trop souvent sur les filles rondes. «On nous voit comme des paresseuses, qui n'arrêtent pas de manger. Certains nous considèrent comme des boulets pour la société, sans s'intéresser aux problèmes que nous pourrions connaître..

En fait, à travers ce type de concours, on peut aussi démontrer qu’une fille bien portante peut avoir autant de charme qu’une autre; qu’elle a aussi sa place dans la société. Y compris dans le domaine de la mode. À ce propos, je note qu’il commence à y avoir une évolution dans certaines grandes chaînes de magasins.

Alors qu’avant les filles comme moi étaient obligées de s’habiller comme des bobonnes, elles peuvent désormais trouver des grandes tailles chez certains créateurs. Les regards des autres, et par conséquent les mentalités, évoluent, mais je constate, notamment à travers les propos que certains tiennent, notamment sur ma page facebook, qu’il y a encore du chemin à parcourir.

Les propos malveillants sont d’ailleurs parfois aussi orientés vers les filles trop minces. Ce qui est tout autant déplorable…»

Et comme le disait un certain Saint-Exupéry, «l'essentiel est invisible pour les yeux…»