Hugo Luisi, briseur de grève à l’Estu

Alors que toute l’Europe manifestait contrela rigueur, Hugo Luisia assuré la relance dans les rangs d’un Estu inconstant mercredi soir.

M.F.
Hugo Luisi, briseur de grève à l’Estu
Handball ©EdA - 201528347323

L’équipe tournaisienne: Frédéric Mespouille, Corentin Chantry, Fabien Hoorelbeke, Volodimir Olexiouk (3), Ruben Mathijs, Hugo Luisi (7), Jens Lievens, Gaetan Ndongmo, Valentin Dassonville (2), Germain Grenez (1), Pierre-Antoine Verin (2), Alexandre Rose (1), Thibaud Fatoux (4), Gert-Jan Mathijs (4).

Le «petit» Luisi, fils de syndicaliste impénitent, a brisé les grèves sporadiques de certains de ses coéquipiers durant la rencontre opposant l'Estudiantes à Visé mercredi soir. Soyons clairs, ce n'est pas Hugo qui a remporté la rencontre. Il y est cependant allé de sept frappes chirurgicales qui ont relancé la machine tournaisienne lorsqu'elle se grippait. De l'aile, il a tétanisé le portier visiteur et offert au public et à ses troupes des roses d'une grande précision angulaire.

Hugo a été l’oxygène d’une équipe qui se mettait trop régulièrement en apnée.

Mené rapidement de deux buts, Tournai s'est, contrairement à ce qu'il avait fait à Beyne, assez vite ressaisit. Germain Grenez a défloré la marque pour l'Estu suivi par Luisi avant une prise de pouvoir par un excellent Volodomir Olexiouk que, le coach, himself, était allé chercher à Leuven, à la KUL.

Gaspillage et suspense

Grâce à Fatoux, très efficace et pesant sur la défense visétoise, Tournai va prendre tôt un avantage de quatre unités (8-4 puis 9-5). C’était à ce moment que l’on pouvait espérer un envol définitif de l’Estu. Au quart d’heure, les locaux auraient pu plier le match et tant pis pour le suspens.

Il était cependant dit que le public allait une fois encore en avoir pour son argent jusqu’à l’ultime minute et que les ongles de l’administrateur-délégué et du vice-président seraient rongés jusqu’à la racine.

Tandis que les poulains de Robin Mathijs gaspillaient en attaque, Visé rappliquait sereinement avant de prendre la direction des opérations (10-11 à la 19e ). Et à la pause, les visiteurs étaient largement récompensés de leur long déplacement.

De 12-14, l’on allait même passer à 12-15 en début de seconde période. La maison tournaisienne tremblait sur ses fondations dans une rencontre qui, pour ne pas être de la dernière chance, n’en portait pas moins un enjeu important. Fatoux, Fab’Hoorelbeke, un penalty ramenaient cependant l’égalité à la 35e . On espérait le réveil assuré mais Visé croyait en sa belle carte et il reprit le commandement.

Hugo « zlatane »

Alors que le sablier égrenait un parfum aigre-doux pour les Tournaisiens, Luisi eut trois fulgurances qui allaient permettre un feu d’artifice au coup de sifflet final. Les lobs magiques d’Hugo n’avaient rien à envier à la bicyclette exceptionnelle qu’Ibrahimovic signait dans le même temps pour la Suède. Il avait «zlatané» avec brio (23-22).

Jens Lievens, bien présent entre ses perches depuis le début de la rencontre, n’était pas en reste, s’offrant l’arrêt d’un penalty.

Le score final fut fixé après 57’56 par… Luisi.

Est-ce à dire qu’il ne se passa plus rien? Que nenni. A quarante-cinq secondes du terme, une perte de balle faillit bien être fatale à Tournai. A dix secondes du terme, Robin Mathijs prit un judicieux temps mort.

Mais! Comme à Beyne, les arbitres aux décisions parfois contestées, ajoutèrent quatre secondes au chrono. Et beaucoup tremblèrent à l’instant de l’ultime coup-franc concédé aux visiteurs. Jens Lievens était cependant à la parade.

Et la joie des Tournaisiens victorieux fut belle à voir. Elle prouvait à qui n’en était encore convaincu que cette équipe, même si elle n’affichait pas toujours tôt assez le talent dont elle recèle, avait la niaque et la volonté de faire briller ses couleurs au firmament du handball belge.

Sans présumer des résultats des matches d’hier soir, Tournai, au terme de ce premier tour, remontait à la sixième place du classement. La défaite de Sasja mercredi lui permettait de se refaire une santé dans la hiérarchie nationale. Cela demande confirmation ce samedi soir (20 h), à domicile, encore, face à Tongres, un gros poisson.