Desclée, un fleuron tournaisien flétri

Sans conteste, la firme Desclée a très vite pris place dans le concert des grandes entreprises tournaisiennes d’imprimerie, comptant des centaines d’agents en son personnel.

Étienne boussemart
Desclée, un fleuron tournaisien flétri
îlot desclée ©ÉdA – 201530061604

Avec son frère François (1800-1842), Henri-Philippe Desclée devient aussi un pionnier de la fabrication et distribution du gaz d’éclairage puis de l’électricité dans le Nord de la France.

En 1872, avec ses deux fils, il fonde une imprimerie sous le nom de Société de Saint-Jean l'Évangéliste. L'imprimerie est à la drève de Maire, les ateliers brochage et reliure à la rue de l'Ecorcherie, dans ce quartier Saint-Jacques où la famille réside dans plusieurs demeures, certaines historiquement importantes.

Devenue Maison Desclée et Cie, l'entreprise se spécialise si bien dans le livre religieux que le pape Léon XIII lui décerne, début XXe siècle, les privilèges d'éditeur pontifical et d'imprimeur de la Sainte Congrégation des rites. Jules-Louis Desclée (1833-1911) s'engagera dans les zouaves pontificaux et revient à Tournai en 1870 avec le grade de capitaine.

Henri-Jules et Jules-Louis Desclée -deux frères-développent les activités et fondent à Bruges, avec leur beau-frère, Alphonse de Brouwer, en 1876, l’imprimerie Saint-Augustin, spécialisée dans les livres d’art et de développement de la pensée religieuse. La société Desclée De Brouwer et Cie acquiert très vite une réputation dépassant nos frontières. En 1927, cinq millions de livres ont été publiés.

Dans les années 1930, DDB s'installe à Paris tout en gardant son site belge.

En 1914, le roi Albert avait anobli la famille, qui ajoute «de Maredsous» en 1928.

Sur Tournai, Desclée poursuit ses activités et se diversifie.

Modernisation et nouvelles productions induisent la création des Éditions Gamma en 1964 (livres profanes, techniques, enseignement, jeunesse, sports). En 1970, le groupe Générale Édition Diffusion Imprimerie Tournai (GEDIT) est une holding qui contrôle plusieurs sociétés: Mame, Chalet, Universitaires…

Vers 1975, alors que la famille Desclée a cédé ses parts, Gedit se scinde en deux: Presses de Gedit SA imprimerie et Gedit éditions SA contrôlée par Media-Participations, dénommée Ampère. En 1990, l'imprimerie prend le nom de Campin (disparue depuis).

S'agissant d'imprimés, ajoutons que la famille Desclée est restée propriétaire du Courrier de l'Escaut jusqu'en 1969.