L’Étap’atelier remet les gens d’équerre

À l’Étap-Atelier, aujourd’hui installé avenue de Maire, des personnes fragilisées reprennent confiance à travers le travail du bois.

Ce jeudi, l’Étap-atelier ouvrait ses portes. Longtemps installé à la rue du Ballon, l’atelier de l’Étape bénéficie désormais de locaux plus vastes, plus agréables. Et donc plus susceptibles d’aider les « hébergés » à progresser, et à reconquérir une place dans une société peu encline à faire des cadeaux à celles et ceux qui n’étaient pas/plus tout à fait dans le moule.

Philippe Devaux, le chef d’atelier, initie à la menuiserie, souvent à raison de deux à trois jours par semaine, les volontaires de l’Étape. Diverses sociétés (des brasseries notamment) leur confient des commandes de packaging particulier.

L’intérêt est multiple: réapprentissage des codes de la vie en société (horaires, objectifs), restauration de l’amour-propre (la fierté du travail bien fait: les clients en témoignent) constitution d’une petite épargne (souvent en vue de pouvoir honorer la caution d’un futur logement)…

Sortir et ne pas revenir

L’Étape est active à Tournai depuis 36 ans. La maison d’accueil qui a quitté la place Crombez pour la rue du Sondart héberge en permanence vingt-quatre personnes (hommes, femmes, enfants) pour une durée moyenne de six mois. En principe, une personne qui sort de l’Étape a été réintégrée dans ses droits sociaux et a trouvé un logement. Mais ça, c’est vraiment de plus en plus dur.

« Contrairement à une idée reçue, nous n'avons à l'année que 6% de nos hébergés qui sont des (ex-) détenus » note Marie-Françoise Couillard, directrice sur le départ. Son adjoint et futur remplaçant, Quentin Ervyn, précise « Avant d'accueillir quelqu'un, nous nous assurons que son profil est compatible avec les personnes déjà hébergées. » En clair depuis que l'Étape compte des enfants parmi les hébergés, tout pédophile est systématiquement orienté vers une autre structure.

À côté de l'hébergement proprement dit et du travail en atelier, l'Étape a développé un service « post-hébergement » pour « aider les gens à ne pas retomber dans les pièges qui les avaient conduits dans notre maison »

G. E.