Esplechin: cui-cui pour les éoliennes ?

Le permis unique pour l’implantation du parc est recalé. Les mesures de compensation pour les petits oiseaux sont jugées insuffisantes.

Esplechin: cui-cui pour les éoliennes ?
éoliennes à Esplechin ©EDA – 10554005404

Vent contraire pour le futur parc éolien que WindVision (en association avec Ventis) espère un jour implanter le long de la route qui relie Esplechin et Lamain. La demande de permis unique pour l’édification de six machines vient en effet de se heurter à un refus de la part des fonctionnaires compétents à la Région wallonne.

Un refus définitif ? Sans doute pas car WindVision a la possibilité de passer outre et d’en référer directement au ministre Henry. Mais un refus qui risque de retarder (encore) le dossier, voire de faire tache et finalement de déboucher sur un « niet » irrémédiable.

2,5ha « protégés » par éolienne

Après avoir été recalé en raison d’une route d’accès jugée difficilement praticable par le charroi durant le chantier, ce nouveau renvoi à la case départ est dû aux… petits oiseaux ! La DNF (Département de la Nature et des Forêts) a rendu un avis négatif sur le projet d’implantation en raison de mesures de compensation agro-environnementales jugées insuffisantes.

Il faut savoir que les éoliennes engendrent des effets négatifs sur l’avifaune. Rassurez-vous, elles n’en font pas de la bouillie, mais elles obligent les oiseaux à modifier leurs habitudes de vol, de déplacement, de nidification. Dès lors, la DNF impose aux promoteurs des mesures de protection, afin de pallier ces inconvénients. Comment ? En prévoyant, dans les parcelles voisines (dans un rayon de 5 à 600m) des conditions propices aux oiseaux.

C’est-à-dire, par exemple, des champs laissés en jachère, des près fleuris, des céréales que l’on laisse pourrir sur place pour nourrir l’avifaune, etc. La norme est de 2,5ha de terrain « protégé » par éolienne. Faites le compte, dans le cas d’Esplechin cela aurait signifié 15ha. Or, le dossier présenté par WindVision n’en prévoit que 7,5ha.

Cela a donc été considéré comme insuffisant par les fonctionnaires régionaux (fonctionnaire délégué et fonctionnaire technique) qui ont jugé le manquement suffisant pour refuser le permis unique (urbanistique et environnemental) d’implantation.

« Une bataille gagnée, pas la guerre »

WindVision dispose désormais d’un délai de 30 jours pour introduire un recours, auprès du ministre compétent. De deux choses l’une: ou le promoteur adapte son dossier afin de rencontrer les souhaits de la DNF (donc il déniche 7,5ha supplémentaires de zone « protégée ») ou bien il présente le dossier en l’état et fait le pari que le ministre Henry (Environnement et Aménagement du territoire) s’en contentera. C’est en dernier recours, Philippe Henry qui statuera dans les 90 jours.

Ce qui fait dire à Paul-Olivier Delannois, résolument opposé au projet, qu'« une bataille est gagnée, mais pas la guerre »

J-P. DR.