L’éolien a encore de s espaces vierges à conquérir

Dix-huit éoliennes tournent, des dizaines d’autres sont en gestation... Et notre territoire a encore de beaux espaces à conquérir !

Christophe Desablens

Objectif 2020 : dénombrer en Région wallonne quatre fois plus d’éoliennes qu’actuellement. Ce n’est envisageable que via une réforme à laquelle le Gouvernement s’attelle aujourd’hui (notre édition de mardi), et qui aura des répercussions chez nous. Dix-huit éoliennes tournent déjà dans le vent de Wallonie picarde. Soixante éoliennes sont en gestation plus ou moins avancée, sans compter les plus petits modèles d’une dizaine de mètres en bordure de zones économiques.

Benoît Mat, cofondateur de la société tournaisienne Ventis avec son frère, est un pionnier dans la région. Il a ouvert le parc de Tournai, Antoing et Brunehaut; aux sept éoliennes, il veut en ajouter trois supplémentaires. Une fois l'étude d'incidences bouclée, le permis unique devrait être déposé au début de l'année 2012. Aussi impliquée dans les parcs d'Esplechin et de Frasnes (voir par ailleurs), la société Ventis est attentive à l'évolution du cadre de référence pour l'octroi des permis d'urbanisme. La nouvelle mouture devrait ouvrir de nouvelles perspectives, témoigne Benoît Mat: « Il date de 2003 et il est devenu désuet au regard de l'évolution technologique et des mentalités ». Il verrait d'un bon œil la diminution ou l'affinage de toute une série de contraintes, liées à la proximité de zones forestières, de routes, d'infrastructures… « Il y a des zones énormes pour lesquelles c'est niet d'office ; dans la région de Chièvres, il y a la présence des infrastructures de l'Otan notamment. Mais il y a d'autres espaces où des adaptations devraient permettre de voir se concrétiser des projets grâce à des adaptations du cadre ».

Les zones les plus intéressantes ont déjà fait l'objet de réalisations, sont à l'étude ou sont en cours, ou ont fait l'objet de refus partiels en raison de l'opposition de riverains. Cela dit, si les possibilités ne sont donc pas infinies, de beaux parcs éoliens verront encore le jour au cours des prochaines années. « On a effectivement encore quelques cordes à nos arcs. Le potentiel est là mais des projets bloquent parce qu'il manque l'accord des propriétaires ». En région d'Ath, pour ne citer qu'un exemple, une zone très intéressante est courtisée par quatre ou cinq promoteurs mais aucun accord n'a encore pu être obtenu avec le propriétaire des terres, un important agriculteur. « Ce n'est pas forcément pour des raisons financières que ça coince. Mais ces gens-là sont parfois en porte-à-faux avec les exploitants des terrains ou des voisins, et ne veulent pas se mettre à dos tout le monde. C'est ce qui explique que les négociations sont longues ». ¦