La fin de la fausse tour Montagu

Sur le site de Saint-Georges, les bases d’une tour ont été exhumées, précisant le tracé de l’enceinte du Bourg Saint-Brice.

La fin de la fausse tour Montagu
Tour Montagu ©EdA
Étienne BOUSSEMART

La CCATM avait raison d’insister face aux entrepreneurs, architecte et ville prétendant que rien n’était à découvrir à cet endroit. Lequel se révèle de plus en plus riche.

L’utile défense

Toute la rive gauche emmuraillée, restait en face un quartier ouvert et donc livré à de potentiels saccages. Une enceinte, datée actuellement de la fin XIIe voire début XIIIe, remédie aux craintes des habitants. Le bourg Saint-Brice est alors coincé entre le Bruille appartenant aux châtelains et le quartier des Chaufours de la maison d’Avesnes. La muraille, au départ de l’Arche de Saint-Jean, serpente vers le Glategny, les jardins de l’athénée et aboutit à l’Escaut où se dresse l’ultime tour, la Montaigu. Elle défend le pont Tournu, lui-même situé à peu près devant la rue Dame Odile.

Depuis sa (re)découverte après le cataclysme de 1940, chacun croyait bien avoir retrouvé cette tour, assez modeste en volume, dans le jardin du 31, quai Saint-Brice. Il n’en est rien. Il se pourrait cependant que ses assises soient celles de l’enceinte qui obliquait vers la droite vers la rue De Rasse.

Une très belle moitié

Les fouilles menées pour la Région wallonne par Isabelle Deramaix ont apporté leur lot de trouvailles. Les traces d’habitat des XVe au XIXesiècles cèdent le pas en importance à ces structures à peine dégagées du sol.

Devant les bases exhumées, l'archéologue retrouve « tourné vers l'extérieur, une partie du fer à cheval originel. Le mur est formé de moellons de calcaire local, fort bien appareillés ici alors qu'ils le sont moins à l'intérieur. Cette façon de faire est identique à celle utilisée pour la rive droite, soit au Fort Rouge, à

la tour des Dominicains et la date donc d'une époque très proche ».De surcroît, cette partie circulaire s'appuie sur un mur plat, « vraisemblable vestige d'une tour carrée rappelé dans les plans de 1611 et1622 ». La tour se baigne dans l'Escaut, plus large à ces moments et un fossé, pas bien large, longe toute l'enceinte.

Pas de traces d'archères « qui auraient pu être transformées en passages ou sont plus basses, le niveau du sol XVe étant deux mètres inférieurs à l'actuel ».

La ville construisant sa grande enceinte dès 1277, la Montagu eut un très court rôle défensif. Elle servira donc à l’habitat ou plutôt de dépendances. La moitié côté Escaut n’est plus, disparue dans une série impressionnante de caves aux murs très épais, de couloirs et de passages, l’un d’eux étant bien visible à l’intérieur même de la tour. Logique: après la canalisation du fleuve de 1683 et1685 par Louis XIV, les demeures ont envahi le terrain conquis et s’alignent sur le nouveau tracé fluvial.

Qu’en faire ?

Rien n’est défini. La réunion prochaine déterminera le sort de ces vestiges. Isabelle Deramais conditionne d’ailleurs leur éventuelle conservation à l’état d’un mur voisin. Le futur pourrait peut-être être remis en question puisque les fouilles seront entreprises dans une autre partie du domaine. Et qui sait ?¦