Qui va réhabiliter le Radar à Flobecq?

Lors de la séance de mercredi matin, le tribunal correctionnel a rouvert le dossier qui concerne l'ancienne décharge du Radar, située à Flobecq.

Alice MARICHAL
Qui va réhabiliter le Radar à Flobecq?
8376889 ©© EdA

Le 1er décembre dernier Marcel Fort, exploitant de l'ex-décharge du Radar, était appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel de Tournai, puisque la commune de Flobecq, ainsi que la Région Wallone avaient intenté des poursuites à son encontre, suite à son refus de mettre en oeuvre le plan de réhabilitation de la décharge. Toutes les parties avaient été amenées à déposer leurs conclusions et le Procureur du Roi avait fait son réquisitoire.

Les différents acteurs du dossier se sont présentés à nouveau mercredi afin de laisser une dernière fois la réplique aux avocats de Marcel Fort d'une part, et à l'avocat de la Région Wallone d'autre part. Le tribunal s'est opposé à l'intervention de nouveaux témoins dans ce dossier.

Dans sa plaidoirie, Maître Cartuyvels, avocat des parties intervenantes, s'est appuyé sur les faits datant de février dernier quant au rejet (par le Conseil d'État) de la requête en annulation émanant de la S.A. Fort-Labiau, relative à l'arrêté pris par le collège communal de Flobecq concernant le plan de réhabilitation du Centre d'enfouissement technique.

« Il existe une obligation légale pour l'exploitant d'une décharge de remettre en état le site à la fin de l'exploitation, c'est inscrit dans le droit wallon et même dans le droit européen. La décision du Conseil d'État aura des conséquences. Les arguments que nous avons soulevés devant le Conseil d'État sont les mêmes que ceux que nous avons plaidés devant vous. Si le tribunal opte pour un avis contraire, il devra en expliquer ses motifs. Il est important de rappeler la situation des pouvoirs publics, car depuis la fermeture, la Région n'a pas la mainmise. Elle ne peut pas arriver tambour battant et faire les travaux elle-même, mais elle avait des devoirs qu'elle a respectés : le pouvoir de rappeler la législation à l'exploitant, de proposer un plan de réhabilitation, ou de faire la police en cas d'urgence environnementale ».

La partie civile estime avoir été lésée sur deux plans : le financement de la réalisation d'un plan de réhabilitation qui s'élève à 99 000 ¤ et 750 000 ¤ de frais de maintenance de la décharge.

Rouvrir l'exploitation ?

Maitre Coenraets, avocat de Marcel Fort, estime que «beaucoup trop de bruit» est fait autour de cet arrêt du Conseil d'État. « Le Conseil d'État a des conclusions objectives, mais ne retrace aucunement l'historique de la décharge, ce que l'on a fait ici durant les précédentes audiences; donc se référer à cela est trompeur. C'est à la Région Wallone qu'incombe le fait de délivrer les autorisations et permis, ainsi que d'introduire le plan de réhabilitation; pourtant de 2002 à 2007, elle n'a rien fait. Mon client a, quant à lui, pris des initiatives notamment concernant le plan de stabilité de la décharge. La Région Wallonne n'a pris que des décisions négatives, comme la fermeture de la décharge ou le refus d'octroi de permis.

Financièrement, la réhabilitation est impossible si l'exploitation n'est pas relancée ».

Le jugement sera rendu le 1er juin.