Quand les taupes attaquent, le taupier contre-attaque

Vincent Dubois se réclame « taupier d'antan ». La seule arme qu'il utilise contre un ennemi qu'il respecte est la pince métallique. Sans pardon !

Jean-Pierre De Rouck
Quand les taupes attaquent, le taupier contre-attaque
taupe ©EdA

« Le problème, c'est que bien souvent les gens m'appellent en désespoir de cause, alors qu'ils ont déjà essayé toutes sortes de procédés qui leur ont coûté bien cher ». Vincent Dubois se présente comme « taupier d'antan ». Il prône et applique des moyens « propres » de lutte contre nos « amies » les taupes.

« D'abord, je tiens à préciser que je ne les chasse pas n'importe où, mais uniquement dans les endroits où elles dérangent », précise notre homme, « Donc d'accord de neutraliser les taupes dans une pelouse, dans un parc avec des parterres soigneusement entretenus, mais en revanche pas question d'intervenir en forêt ou dans les prairies ou les cultures si leur nombre n'est pas excessif ».

Ainsi, si depuis quelques mois cet habitant de Néchin a proposé de « traiter » le vaste domaine du château d'Estaimbourg, il le fait avec discernement, c'est-à-dire qu'il piège dans les pelouses, les aires de jeux, les surfaces récemment plantées, mais nullement dans les endroits « sauvages » du parc où les taupes peuvent dès lors continuer à s'en donner à coeur joie.

« Il me prenne pour le bon Dieu ! »
Vincent Dubois (52 ans) a appris le métier sous la houlette de son papa, jardinier de profession. Il l'a ensuite, à son tour, inculqué à ses deux fils : Adrien et Charles. Mais en fait de métier, précisons que notre Néchinois est d'abord mécanicien automobile. La chasse à la taupe se présente essentiellement comme une activité complémentaire... qui lui demande de plus en plus de temps.

« Depuis janvier dernier, j'ai pleinement repris cette occupation, qui se veut aussi et surtout une passion. Et la demande de clients n'a pas tardé à revenir et à se développer. J'ai mis au point un site internet qui permet de me faire connaître. Mais à vrai dire, la meilleure publicité vient du bouche à oreille, de la satisfaction des personnes qui font appel à moi.

Je vous avoue d'ailleurs sincèrement que ma motivation principale vient de ces relations avec les clients. Vous n'imaginez pas l'accueil que je reçois lorsque je vais chez une personne, que je pose mes pièges, que je viens les relever avec les prises et donc que la personne voit immédiatement le résultat obtenu.

Depuis une dizaine d'années, j'observe que les gens accordent de plus en plus de temps, d'attention et d'argent à leur jardin. Aussi, voir leurs espaces verts, dans lesquels ils s'investissent tant, détruits par les taupes, sans rien pouvoir faire, les plonge dans le désarroi ; alors, lorsque vous leur apportez une solution quasi immédiate : ils vous prennent pour le bon Dieu ! »

Notre chasseur utilise pour seule arme le « vieux piège », à savoir la pince métallique placée dans la galerie même, de dimensions précises et surtout d'une force de pression étudiée et importante (« de quoi vous casser un doigt ») qui tue sa proie, à tous les coups... sur le coup, sans souffrance ! Car il n'est nullement question d'allergie, de psychose ou de règlement de compte dans la démarche de Vincent Dubois qui reconnaît à son meilleur ennemi des qualités indiscutables :

« La taupe est nécessaire, voire indispensable à l'équilibre de la nature. Aussi, je répète que la taupe n'est pas un animal nuisible en tant que tel mais par les dégâts qu'elle occasionne en certains endroits bien spécifiques. C'est exclusivement à ce titre que j'interviens ».

La taupe s'adapte à toutes les situations
Venons-en aux sujets qui fâchent : que pense notre taupier néchinois des autres moyens d'éradication des taupes ?

- Les ultrasons ? « Ils n'ont aucun effet !Les gens en achètent 2, 3, voire plus, à 40€ pièce, les placent dans leur jardin, croient que cela fait effet et après quelques semaines, les taupinières réapparaissent. En fait, il faut savoir que la taupe est un animal qui s'habitue à tout ou plutôt qui s'accommode ! Par exemple, vous placez un élément qui la dérange effectivement, par le bruit ou par l'odeur. Aucun problème, soit elle va boucher la galerie qui lui pose problème, soit elle va contourner le tronçon qui lui est devenu désagréable, mais elle trouvera toujours une parade ; parfois après quelques jours, parfois après quelques semaines ».

Et le coup de la bouteille en plastique retournée sur un morceau de bois et qui fait du bruit lorsque le vent l'agite, ne le faites pas à Vincent Dubois sauf si vous voulez le voir éclater de rire...

- Le gaz ? « C'est autorisé et des firmes proposent le gazage. Mais lisez la notice et vous aurez compris : il faut un masque, ne pas approcher pendant 2 jours, c'est pire que le gaz moutarde ! Si vous avez des enfants ou des animaux domestiques, réfléchissez à deux fois avant de recourir à ce procédé... »

- Les pétards ou les explosifs ? « Certains détaupeurs en font usage. Et des modèles sont en vente dans des magasins. Mes remarques sont les mêmes que pour le gaz : lisez la notice, cela vous donne la chair de poule ; les accidents sont fréquents lors des manipulations ».

- Les poisons ? « Ils sont interdits en Belgique, mais certains sont encore admis en France. On attrape des vers, on leur coupe la tête, on les trempe dans le produit en question, puis on les dépose dans les galeries.

Admettons que cela ait raison de la taupe, mais n'importe quel autre animal peut aussi ingurgiter ces saletés. De même, la taupe peut être bouffée par un rapace ou par votre chat et donc le poison peut avoir des effets induits et prolongés incontrôlables. »

0491 527 100

www.lestaupiersdantan.be