Le kiosque de Tournai est à l'agonie

Depuis 1911, un kiosque trône au coeur du parc communal. Aujourd'hui abandonné, il tombe en ruines et n'inspire plus que les vandales.

Etienne BOUSSEMART

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Tournai se modernise, se dote de monuments, de parcs et de promenades. Afin de permettre aux nombreuses sociétés civiles et miliaires de s'exprimer dans un cadre accueillant et charmeur, l'idée se fait d'implanter un kiosque aucoeur du parc communal qui vient précisément de connaître un agrandissement notable.

Vers 1860, Simon Gahylle, architecte, chef du bureau des travaux publics conçoit les plans. Mais trop vite petite, victime de son succès, l'oeuvre de Gahylle est déménagée vers la place Crombez pour être rasée en 1952.

Un concours, ouvert par la ville en 1910, octroie à Jules Wilbaux, architecte, Henri Vandenbroeck, constructeur et Adolphe Duveillez, entrepreneur, la construction de la nouvelle structure. Pour 13 000 francs, elle est inaugurée le 7 mai 1911.

De conception classique, il s'agit « d'un octogone dont le soubassement en pierre de Soignies et moellons tournaisiens supporte de minces colonnettes de 4,20m en fonte que termine un plafond de chêne. Une toiture élégante en dôme se couronne d'un épi aux deux lyres entrecroisées ».

L'harmonie générale de ce témoin du passé mérite mieux que le triste sort qui lui est réservé à ce jour.

Vandalisme et un peu d'espoir

Depuis des mois, les doléances des promeneurs et touristes se multiplient.

Car le kiosque, totalement abandonné par les phalanges musicales, a perdu de sa superbe. Est-ce une raison suffisante pour laisser mourir ce patrimoine ?

Plus guère de traces de l'installation électrique qui comportait, au temps de sa splendeur, 88 becs Auer (au gaz). La rouille envahit la balustrade, la rampe d'accès ; le plafond, étudié pour une meilleure acoustique, s'en va en lambeaux ; des tags souillent les pierres.

Pis, la toiture ne paraît guère en meilleur état et une des superbes grilles fermant l'enceinte a été arrachée comme les barrières sensées sécuriser le site.

Les réclamations des habitants semblent porter leurs fruits. Bernard Vantieghem, chef des travaux, affirme « qu'une nouvelle pierre du couronnement du soubassement a été commandée, que la grille ornée en dépôt aux mouettes sera réinstallée bientôt ».

Par contre, pas de budget pour effacer la rouille, repeindre, réparer le plafond. Un ornement inutile et donc peu digne de soins ?