Le prix du grain est en augmentation

Si le prix du lait est aujourd’hui particulièrement bas, on ne peut pas en dire autant de celui des céréales. Depuis 2007, celui-ci est en effet à la hausse. Une situation explicable par l’entrée de cette matière première dans un marché globalisé qui a mis fin aux ajustements de prix réalisés autrefois au niveau européen.

Le prix du grain est en augmentation
Manifestation des agriculteurs à Ciney ©ÉdA – 201163544128

«On travaille en flux tendus, explique Christian Ducatillon, directeur du Carah, le centre agronomique en Hainaut. Les stocks ne sont plus subventionnés et les besoins de consommation augmentent. Il suffit donc que les perspectives de rendement soient défavorables pour qu'il y ait une pression sur le marché et donc une hausse des prix.»

Actuellement, c'est la sécheresse en Amérique du Nord qui fait grimper en flèche les cours du blé: «Mais on aurait très bien pu vivre la même chose si un dérèglement climatique s'était présenté en Australie ou en Amérique du Sud. L'offre risque alors de devenir insuffisante par rapport à la demande. Ce qui explique l'augmentation des prix.»

Une bonne affaire pour les agriculteurs ? Christian Ducatillon tempère: «Dans notre région, les exploitations agricoles sont mixtes. D'autres cultures avec des cours plus faibles compensent donc cette augmentation de prix pour les céréales. On peut dire que ce que nos agriculteurs prennent de la main gauche, ils le rendent de la main droite. Ce qui compte pour eux, c'est de pouvoir trouver un équilibre au niveau de la globalité de leur exploitation. Il faut également avoir une vision pluriannuelle.»

Dans d'autres régions que le Hainaut, les choses sont parfois différentes: «Dans les Ardennes, des exploitations purement laitières sont en train de payer cash la crise du lait. En Hesbaye, les productions axées principalement sur les céréales vivent par contre une année un peu moins mauvaise…»

Pour le directeur du Carah, dans les exploitations agricoles mixtes les cours élevés des céréales permettent à peine d'atténuer les pertes liées à la production de lait: «N'oublions pas qu'il faut aussi nourrir les bêtes. Si le fourrage est en augmentation, cela coûte cher au producteur laitier…»

D.Vdb.