Le Salon a fait le plein de zinzins

Le Centre culturel local et Silly concerts sont ravis: la quatrième édition des Franco Sillies, de bonne facture, a attiré quelque 250 spectateurs.

Pascal Lepoutte

Terminer son concert par This boots are made for walking dans un festival «100% chanson française», fallait oser! Mademoiselle Nineteen l'a fait: un joli clin d'œil à cette manifestation bisannuelle qui fait elle-même référence à l'anglais dans son intitulé (si à Spa, les Francos sont folles, à Silly, elles se revendiquent un peu… bébêtes).

Bien accompagnée, la Liégeoise a livré un set rythmé, comprenant d'autres reprises (Le temps de l'amour ou Laisse tomber les filles) et les morceaux pop tendance années 60 – plus acidulés que sirupeux – composés spécialement à son attention par Jacques Duvall. C'était le dernier concert de la demoiselle avant la sortie de son prochain album, auquel elle va se consacrer entièrement durant les prochaines semaines.

Le public présent dès le début

Juliette succédait sur la «grande» scène du Salon au local Robert G, qui avait essuyé les plâtres devant une bonne centaine de spectateurs déjà présents – sympa, c'est d'ailleurs quatre fois plus de monde qu'au dernier concert parisien des Rolling Stones! – tandis que les Bruxellois de Va à la plage, avec leur son plus rock, avaient assuré un intermède brillant dans le café. «Les deux groupes étaient vraiment ravis, à la fois de l'accueil mais aussi de la technique. Et on doit remercier pour cela le service provincial des Arts de la scène », commente Larissa Fontaine, animatrice au centre culturel de Silly.

Guillaume Ledent et Guillemot semblaient, eux aussi satisfaits d'avoir pu présenter au Salon leurs Histoires de plumes et d'écailles, qui révèlent un véritable potentiel de bonnes chansons et de belles mélodies. Pourtant, il nous semble que la formule serait plus adaptée à une salle avec un public assis, attentif aux textes des deux poètes et aux subtilités de leurs arrangements qu'à l'ambiance populaire et parfois un peu dissipée d'amis aimant aussi se retrouver autour d'un verre, une convivialité qui fait le charme de cet endroit mythique du Hainaut occidental.

Le samedi au Salon

Denis Jalocha, de Silly Concerts, a eu raison de souligner que les spectateurs sont peut-être restés sur leur faim avec la prestation d'un Jeronimo entouré de Calogero Marotta (basse) et du fidèle batteur Thomas Jungblut. Irréprochable au niveau qualité, mais courte: on a presque eu l'impression que le sound check avait duré plus longtemps que le concert. Six titres en tout et pour tout, avec les deux rappels (le joyeux Petit Ramoneur et Les mains qui tremblent), soit deux morceaux tirés du premier album (Un été inoubliable et Sarah) et deux autres seulement du récent et formidable «Zinzin».

Les versions de Pieds nus dans l'aube et Irons-nous voir Ostende? étaient, certes, superbes… mais on aurait voulu que Jérôme réveille un peu également le public présent depuis plus de quatre heures et qui espérait peut-être l'un ou l'autre «succès». Mais nul doute que le discret Liégeois, qui s'est dit heureux de rejouer dans ce lieu qu'il connaissait, assumait son choix de répertoire. On soulignera enfin des excellentes interventions de La Petite Valise aux Rêves pour présenter les artistes.

La cinquième édition des Franco Sillies aura donc lieu en 2016. P.L.