Entre BD, dessin, peinture et illustration

Péruwelzien d’adoption, Cyprien Mathieu, dit Valfret, a su se faire un nom dans le monde artistique avec son travail éclectique, étrange parfois…

Florence LESOIL
Entre BD, dessin, peinture et illustration
photo CE.psd ©ÉdA

Originaire de Haute Savoie, né en 1982, Cyprien Mathieu, sous le pseudo Valfret, est en Belgique depuis une quinzaine d’années. Attiré par la création de bandes dessinées, il a quitté sa région natale pour étudier dans les écoles d’art de Mons, à l’ESAPV, et à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai.

Après avoir travaillé dans une fonderie d'art, il a rapidement noué des collaborations artistiques. Fidèle à ses premières amours du 9e art, il crée des bandes dessinées publiées par des éditeurs indépendants, alternatifs, comme Les Requins Marteaux, L'Employé du Moi ou Alter Comics. Il explique: «La création de BD demande un travail assez monacal. L'artiste est, une grande partie du temps, seul à sa table avec son histoire pendant parfois six mois. De plus, il doit souvent travailler dur pour proposer un projet aux éditeurs sans aucune certitude quant au fait d'être ensuite choisi. Quelques grosses maisons d'édition mangent le marché, laissant peu de place à la démarche artistique souvent plus affinée des éditeurs plus petits».

De la BD au dessin

Depuis quelque temps, c'est davantage le dessin qui le motive. Il explique: «Je dessine tout le temps en réponse ou non à une commande précise. J'aime cette création en un ou deux jours seulement. Il y a un côté plus spontané, plus jeté. Pour moi, le dessin est un moyen de véhiculer des émotions et non de reproduire une réalité exacte.

Je produis des images, des choses détournées, organiques. Je ne rentre pas vraiment dans une case, je n'ai pas un style bien défini. Dans mes dessins, il y a beaucoup de choses à regarder. Parmi les idées que je traite, on trouve le monstrueux, la punition, le militaire, l'anarchisme, la violence, la sexualité, le mystique, le bizarre… J'aime exprimer des choses puissantes. Je mêle souvent les techniques. J'expérimente au feutre, parfois au Tipp-Ex, à l'aquarelle, à la gouache, à l'encre de Chine… Une technique en amène souvent une autre. Petit à petit, je commence aussi à créer des objets».

Du dessin décomplexé

Le quotidien de Valfret est rythmé par son travail à mi-temps à l'institut du Bon Pasteur où il anime un atelier de dessin et gravure à destination des personnes déficientes. Il prend aussi en charge le mercredi soir un workshop de dessin pour ados et adultes à la Maison de la culture de Tournai.

Il explique: «J'essaye de travailler sur l'imaginaire. On est trop souvent formaté. J'invite les personnes à se laisser aller, à laisser libre cours à leurs émotions».

Quand on lui parle de l'avenir et de ses projets, il réplique: «Je ne me suis jamais dit que je souhaitais être connu. La renaissance des profs, des éditeurs et des personnes dont j'apprécie le boulot me conviennent parfaitement. J'aime la simplicité et je souhaite que l'art puisse rester accessible au plus grand nombre ».

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