Le gang de Roubaix y planquait ses armes

Un réseau serbo-turc de trafic d’armes avait été démantelé à Bruxelles. Péruwelz était un relais entre les marchands et le gang de Roubaix.

Jean-Pierre De Staercke
Le gang de Roubaix y planquait ses armes
FRANCE-POLICE-CRIME-WEAPONS-MARSEILLE ©AFP

Pas moins de 30 fusils mitrailleurs d’assaut Kalachnikov, les fameux AK47, dix grenades, deux rockets, quatre pistolets et des centaines de munitions ont été saisis le 16avril dernier, à Bruxelles, après une belle coopération judiciaire entre les autorités belges et françaises. Et c’est le parquet fédéral qui a coordonné les enquêtes chez nous. Point de chute important de la filière: Péruwelz.

C’est en décembre 2011 que l’anti-banditisme du Nord de la France a averti son homologue dans la capitale de ce qu’un trafic avait pris cours depuis deux mois au moins. Des truands serbes et turcs en avaient pris la direction pour alimenter le milieu bruxellois et français. La cargaison provenait de Serbie, de l’ancienne armée régulière principalement, et elle était négociée là-bas par Goran Vantovic et Gemel Djafer, avec Erdem Unlu, dit le «gourou», Ramazan Ozdemir et Osman Celik.

Et ce sont les informations relatives à Djafer qui ont mis les képis en alerte, dans le Nord-Pas-de-Calais. Car le quadra était bien connu à Cambrai et à Maubeuge pour travailler en étroite collaboration avec le gang de Roubaix. Aussi, les agents français ont proposé aux Belges de recourir à un infiltrant, surnommé Karim dans le dossier, un ressortissant français qui avait déjà rendu d’éminents services. Il n’était pas encore brûlé chez les Roubaisiens. C’est lui qui va découvrir les planques de la bande, à Péruwelz.

Treize à la douzaine

Selon le tribunal correctionnel de Bruxelles qui a hérité du dossier, il ne fait pas de doute que les dix prévenus du dossier, condamnés à des peines de 15 mois à 6 ans de prison ferme, destinaient leur «marchandise» au milieu du grand banditisme en Belgique et en France, pour commettre des braquages sauvages. Deux autres prévenus ont été acquittés. Pour le transport, les trafiquants avaient l’habitude de doubler les réservoirs de fourgonnettes avec des caches spécialement aménagées pour y entreposer les armes.

Certains seconds couteaux de l’organisation étaient déjà connus pour du trafic d’héroïne et de cocaïne et d’autres pour proxénétisme. Mais ils ont surtout joué un rôle intermédiaire ou de receleurs dans le présent dossier. Les peines sont assorties de fortes amendes et de confiscations pour un total de 52 000euros.

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