Jouer au bûcheron dans son jardin sans permis, c'est une infraction...

La législation en matière d'abattage d'arbres est renforcée par un règlement communal dans le Parc naturel des plaines de l'Escaut.

Stéphane Diricq
Jouer au bûcheron dans son jardin sans permis, c'est une infraction...
bûcheron ©Reporters

Les règlements et les lois sont comme les « draches » nationales : ils pleuvent dru ! S'y retrouver dans ce fatras ressemble à une gageure même si, paraît-il, tout Belge est censé le connaître... Il est ainsi peut-être bon de rappeler que même l'abattage des arbres ne peut pas se faire n'importe comment, n'importe où. Mieux, dans cinq des six communes du Parc naturel des plaines de l'Escaut (Rumes, Antoing, Brunehaut, Péruwelz et Bernissart), jouer au bûcheron dans son jardin sans permis est considéré comme une infraction, et à ce titre est punissable. Des peines de police peuvent être encourues ! Sur le territoire du Parc, ces cinq communes ont donc édicté des mesures complémentaires plus exigeantes en matière de conservation de la nature : il y est interdit, sans permis préalable écrit délivré par le Collège communal, d'abattre, d'arracher, de modifier la silhouette ou encore d'accomplir tout acte pouvant conduire à la disparition des arbres isolés, groupés ou alignés et des haies. À l'exception des arbres têtards qui nécessitent une taille régulière. « Il est également interdit d'endommager toutes parties vitales de l'arbre et donc d'utiliser des inhibiteurs de croissance, des herbicides, de faire du feu, de stocker des huiles, acides ou autres détergents », rappelle Benoît Gauquie, de la Maison du parc naturel. « Pour abattre un arbre, en zone agricole ou d'habitat, il faut remplir le formulaire ad hoc disponible auprès de son administration communale. Il faut y joindre un croquis de repérage et des photos du site. Le Parc est ensuite saisi de la demande et remet un avis ; c'est la commune qui a le dernier mot. Ce règlement, quand il n'est pas "oublié" par l'administration communale, est généralement bien assimilé par les particuliers qui ont très souvent le réflexe de s'y soumettre, ne serait-ce que pour avoir un avis sur l'intérêt paysager de telle ou telle plantation. » Selon le Parc naturel des plaines de l'Escaut, cette procédure constitue avant tout d'une opportunité « pour nous ouvrir une porte chez le particulier », et surtout le sensibiliser à l'intérêt paysager des essences indigènes.

À noter encore par tous les candidats bûcherons, sans doute plus nombreux à l'approche de l'hiver, que l'abattage est imposé entre le 1er octobre et le 30 mars et peut être suivi d'une reconstitution du milieu avec des espèces ligneuses locales.

Des subventions régionales peuvent également être obtenues pour la plantation et l'entretien de haies vives, de vergers et d'alignement d'arbres.

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