Brasserie Caulier : une faillite n'est pas la fin

La S.A. Brasserie Caulier (Péruwelz) est morte ? Vive la SPRL Brasserie et distillerie Caulier ! Qui annonce de gros investissements en 2009.

François DESCY

Mise en faillite la semaine passée par le tribunal de commerce de Tournai, la S.A. Brasserie Caulier n'est pas une victime de la tempête qui secoue actuellement l'économie mondiale. Elle se dit victime d'un concours de circonstances : des vols dans ses entrepôts, la faillite d'un créancier, des bactéries qui font échouer un gros contrat avec les États-Unis. Circonstances qui, l'an dernier, l'avaient amenée à demander un concordat judiciaire puis à se mettre en liquidation.

« Nous avons payé le prix fort mais aujourd'hui nous repartons de l'avant » dit Roger Caulier, qui s'apprête à céder le relais à ses trois fils (Vincent pour la gestion, Bertrand pour la production et Laurent pour la commercialisation).

Très concrètement, comment peut-on rebondir après une faillite, chose qui choque parfois en Belgique, mais qui est très naturelle aux États-Unis par exemple, où l'on a droit à plusieurs chances ?

Début 2008, le fonds de commerce de la S.A. Brasserie Caulier a été vendu « en toute transparence », c'est-à-dire avec l'aval du tribunal de commerce, à une distillerie active à Marloie (Marche) et propriété... des fils de Roger Caulier.

Les Caulier ont stoppé leur activité en Famenne et rapatrié tous leurs actifs à Péruwelz, où ils ont créé la SPRL Brasserie et Distillerie Caulier. Ils ont réembauché du personnel - ils sont actuellement huit à la rue de Sondeville (le même nombre qu'avant les difficultés) - et tout le monde s'est mis au travail.

D'ici fin 2008, on devrait avoir produit 5 000 hectolitres de bière, chiffre stable par rapport à l'an dernier : principalement la Bon-Secours traditionnelle (blonde, brune, ambrée, tirant à 8°), la fruitée (myrtille et framboise, à 7°°) et la Bon-Secours de Noël (une blonde à 10°).

Nous l'avons expliqué dans de précédentes éditions, de nouveaux produits sont apparus : la Père Damien et la Bon-Secours Bien Être, bière sans sucre fortement critiquée par Test-Achats. « Nous fabriquons ce produit à façon pour la société Bien-Être Développement, en respectant un cahier des charges, explique Roger Caulier. L'association des consommateurs a trouvé des traces de sucre alors qu'un laboratoire nous dit qu'il n'y en a pas. Allez comprendre... »

Autre nouveauté attendue : la Myrtille Noble, une bière fabriquée comme la kriek, suivant la méthode de macération des fruits. Un produit unique au monde. Mille hectos seront produits en 2009. Les États-Unis - un pays où « la myrtille explose » - ont déjà tout acheté. La semaine dernière, les States ont par ailleurs commandé deux conteneurs de Bon-Secours. « Tout le développement de 2009 est basé sur l'export » annonce Roger Caulier.