Affaire de mœurs au CEE à Mouscron: la réunion écourtée face à la colère des parents

Une réunion d’information s’est tenue, ce lundi soir, au Centre Éducatif Européen pour faire le point sur les faits de mœurs reprochés à un professeur de psychomotricité. L’émotion était palpable et l’ambiance particulièrement tendue…

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Affaire de mœurs au CEE à Mouscron: la réunion écourtée face à la colère des parents

Elle aura finalement dû être écourtée… La réunion d’information organisée par les autorités communales, le procureur du Roi et l’association Parents-Enfants, ce lundi soir, au Centre Éducatif Européen, s’est tenue dans une ambiance particulièrement tendue.

Les parents d’élèves du centre éducatif européen de Mouscron (et aussi de trois autres écoles !) étaient invités par les autorités communales suite à l’affaire de mœurs qui secoue depuis quelques semaines l’enseignement communal mouscronnois. Un professeur de psychomotricité est suspecté d’attouchements sexuels et de viols à l’égard d’enfants de maternelle. Une dizaine de plaintes auraient été portées à la connaissance des autorités judiciaires.

"L’objectif de cette réunion était de permettre aux victimes, aux parents des enfants, de pouvoir s’exprimer et obtenir des réponses à leurs questions, rappelle le procureur du roi, Éric Delhaye, au lendemain de la réunion. Il était aussi important qu’une psychologue de SOS Parents-Enfants soit présente pour aider les parents à appréhender la situation, à en parler avec les enfants et les écouter."

Mais les quelque 200 parents présents n’ont pas obtenu les réponses aux questions qu’ils se posent et qui les hantent depuis que l’affaire a été révélée et que certains de leurs enfants ont dénoncé des faits… Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Qu’a-t-il fait à nos enfants ? Pourquoi n’a-t-on rien fait plus tôt ? Pourquoi est-il encore en liberté ? Pourquoi l’enquête est-elle si longue ? Les parents étaient venus pour demander des comptes aussi bien au pouvoir politique, qu’aux directions des écoles concernées et qu’aux autorités judiciaires.

"Malheureusement, je ne peux m’exprimer sur les faits et les éléments du dossier qui est toujours en cours d’instruction, ajoute le procureur du roi.   Par contre, je tenais à expliquer aux parents, qui vivent une situation abominable, comment agit le système judiciaire et en quoi consiste toute la procédure… qui prend du temps. De leur côté, les parents ont déjà qualifié le suspect de coupable, et pour eux, il faudrait déjà le juger et le mettre en prison… Ils ont l’impression que la justice ne fait rien, et c’est pour cela qu’on leur explique qu’il faut un certain temps pour mener une enquête, entendre les victimes et les témoins, récolter des preuves… Si on n’a pas tous ces éléments, le risque est que tout soit remis en question devant le tribunal, et que finalement tout cela ne mène à rien ! On ne peut pas prendre le risque de réduire l’enquête en cours à néant."

Des explications que ne peuvent néanmoins pas entendre les parents… "Et je peux le comprendre, et je l’entends, poursuit Éric Delhaye. Certains ont eu besoin d’exprimer leur désarroi, leur colère et leur souffrance par des mots et des gestes forts… Par contre ils ne doivent pas croire que rien n’est fait et qu’ils ne sont pas écoutés !"

Le procureur du roi ne s’attendait pas à une telle ambiance houleuse et une tension plus que palpable… à un tel point qu’il a fallu écourter la réunion et solliciter l’intervention de la police qui a notamment dû exfiltrer un membre de la famille du professeur de psychomotricité pour éviter que la situation ne dégénère. Deux personnes ont également été prises en charge suite à un malaise.