Cimetière pour animaux: un écrin de verdure (privé) que la Ville de Mouscron veut sauvegarder et développer

Le cimetière pour animaux du Mont-à-Leux n’est pas à l’abandon. Mais situé sur un terrain privé, il reste peu exploité, au grand dam de la Ville de Mouscron.

Antoine Pontrandolfi
 Il s’agit du seul cimetière pour animaux de Wallonie picarde.
Il s’agit du seul cimetière pour animaux de Wallonie picarde. ©ÉdA – 60272559034

Ancien responsable de la SPA, Yves Gobin-Degraeve a consacré les dernières années de sa vie à la gestion du cimetière pour animaux du Mont-à-Leux. Baptisé Montaloup, le lieu de recueillement a perdu son bénévole historique fin 2018.

Et depuis ? Point de friche, l’écrin de verdure est suffisamment entretenu pour permettre aux usagers qui y ont enterré leurs animaux de s’y recueillir paisiblement… quand il est ouvert. La gestion de ce cimetière ne tient que sur quelques accords oraux. Aucune trace écrite ne précise qui entretient le lieu, qui l’ouvre et le ferme et à qui s’adresser pour y installer une nouvelle stèle après le décès de son compagnon à poils ou à plumes.

Souvent, la grille est fermée et protégée par un cadenas. Difficile d’ailleurs d’en savoir plus sur le propriétaire du lieu. Dès lors, la Ville de Mouscron a décidé de saisir le taureau par les cornes. "Hors de question de laisser ce lieu tomber dans l’oubli", précise la Cellule bien-être animal.

Sous la houlette de Brigitte Aubert, les fonctionnaires de la Ville veulent préserver la nature de ce lieu, qui n’existe nulle part ailleurs en Wallonie picarde. "C’est un joyau oublié et nous n’avons aucun interlocuteur privilégié pour faire avancer ce dossier", poursuit la Cellule bien-être animal.

L’idée de la Ville de Mouscron ? Récupérer le site, passer du privé au public pour enfin avoir l’opportunité d’ouvrir le lieu, de le rendre plus accessible, de le valoriser et surtout, de le faire connaître. Combien de Mouscronnois savent qu’il existe un cimetière pour animaux à quelques mètres du cimetière (pour humains celui-là) du Mont-à-Leux ? Pour y parvenir, il faut évidemment retracer précisément l’héritage de ce bel écrin de verdure, depuis le décès d’Yves Gobin-Degraeve jusqu’à aujourd’hui. "Il n’y a qu’en dénichant les responsables de ce site qu’on parviendra à faire avancer ce dossier, qui retient notre attention depuis plusieurs années déjà", conclut la Cellule bien-être animal.

Toute personne en possession d’une information sur la gestion du cimetière pour animaux peut contacter le 056/860.150.

Péruwelz : « On n’abandonne pas l’idée, mais elle ne représente pas une priorité »

La volonté de créer un cimetière pour animaux est écrite en toutes lettres dans le programme de politique générale 2019-2024.

"Nous ne connaissons pas encore l’endroit où il sera aménagé, ni quand, mais on prend nos renseignements", indiquait Vincent Palermo début 2019. Le bourgmestre a, comme bien d’autres maïeurs en Wallonie picarde, le bien-être animal dans ses attributions.

Ce projet de cimetière pour animaux géré par la commune, il n’en a pas abandonné l’idée. "C’est même loin d’être tombé dans l’oubli puisque nous en avons reparlé cet été. Ce lieu de recueillement doit se faire, j’en suis persuadé. Nos concitoyens en ressentent le besoin. Les animaux sont comme des membres de la famille. Mais il faut être honnête, ce dossier n’a pas beaucoup avancé depuis nos premières prises de contact avant covid."

Lucide, Vincent Palermo sait que les priorités se situent ailleurs pour le moment. Les communes ont dû composer avec la crise sanitaire, l’accueil des exilés du conflit ukrainien et sont désormais confrontées à une inflation qui complique énormément de choses. "On avait remis en route cette idée fin 2019-début 2020. Mais ce n’est pas facile de créer de toutes pièces un cimetière pour animaux. En plus de définir un endroit, il ne s’agit pas de l’inaugurer. Il faut aussi l’entretenir assez régulièrement. Avec la politique zéro phyto qui nécessite plus de boulot, on doit prendre en compte certaines contraintes et bien réfléchir à chaque aspect du dossier avant de le remettre définitivement sur les rails", conclut le bourgmestre.