Vélos et trottinettes interdits à la Réno: Mouscron rétropédale

Brigitte Aubert a fait marche arrière, lundi soir, en acceptant finalement les cyclistes sur la Rénovation urbaine. Mais pas (encore) sur la Place et à la Petite rue.

Thomas Turillon
 Depuis un mois, les vélos étaient persona non grata à la Rénovation urbaine. Finalement, ils peuvent y revenir, «en roulant à pas d’homme».
Depuis un mois, les vélos étaient persona non grata à la Rénovation urbaine. Finalement, ils peuvent y revenir, «en roulant à pas d’homme». ©EdA

La disposition de la majorité soumise au vote lors du conseil communal d’avril dernier avait choqué l’opposition mais aussi une partie de la population.

Pour rappel, l’autorité communale demandait au conseil communal de voter l’interdiction de circuler à vélos et à trottinettes sur la Grand-place, la Petite rue et la Rénovation urbaine. PS et Écolo ont refusé.

Voilà un souhait qui fait pâle figure dans une ville qui a placé des panneaux "Mouscron ville cyclable" à toutes ses entrées!

Mouscron entendait donner raison à quelques seniors inquiets de véhicules à mobilité douce circulant parfois trop vite ou à des clients parfois surpris en sortant de commerces.

La bourgmestre a notamment suivi l’avis du commissariat indiquant que les incivilités sont légion au point qu’il faudrait une surveillance permanente pour réprimander si pas verbaliser.

«Votre décision radicale en conseil communal sans la moindre concertation est un manque de respect à notre égard.»
 Mouscron est ville cyclable mais elle interdit le vélo, notamment à la Rénovation urbaine et sur la Place où ce n’est pourtant pas l’espace qui manque…
Mouscron est ville cyclable mais elle interdit le vélo, notamment à la Rénovation urbaine et sur la Place où ce n’est pourtant pas l’espace qui manque… ©EdA

Le Gracq (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens) de Mouscron n’a rien voulu laisser passer face à cette incongruité.

Dès le conseil communal de lundi soir, il a procédé à une interpellation citoyenne par l’entremise d’Éric Bonnave.

Le Gracq se dit d’autant plus ulcéré par cette décision communale qu’il est un partenaire depuis dix ans à Mouscron et qu’il n’a pas été consulté "à propos d’insécurité dans les zones piétonnes du centre-ville. Votre décision radicale en conseil communal sans la moindre concertation est un manque de respect à notre égard" .

Le Gracq estime que la cohabitation est possible et que la sanction pour quelques personnes pénalise bien du monde.

«N’est-il pas aberrant que les personnes louant un vélo à la Maison du tourisme doivent se déplacer à pied?»

"La Grand-place et la Rénovation urbaine offrent un espace suffisamment vaste pour une cohabitation apaisée et sécurisée des piétons et cyclistes. N’est-il pas aberrant que les personnes louant un vélo à la Maison du tourisme doivent se déplacer à pied?"

Début mai, la police de Bruxelles a verbalisé plus de 400 personnes en une semaine

Comme le mois dernier, la bourgmestre a redit que "Les incidents rapportés sont nombreux" mais la Ville consent à réaccepter vélos et trottinettes à la Rénovation urbaine uniquement puisque l’espace le permet.

Pour le reste, cela pourrait être révisé dans six mois. Le cadenas n’est donc pas totalement bloqué…

Voilà une avancée mais trop peu pour M.Bonnave: "On demande la suppression de cette décision rétrograde" .

L’ardent défenseur de la petite reine indique que ce sont ceux qui ne respecteraient pas la vitesse des 6 km/h qui devraient être verbalisés, comme cela se fait ailleurs.

"Les amateurs de trottinette et les cyclistes pris en flagrant délit d’excès de vitesse en zone piétonne encourent une amende de 174 €. Début mai, la police de Bruxelles a effectué des contrôles et verbalisé plus de 400 personnes en une semaine."