North Summer Festival sans fausse note

Dix-sept concerts en l’espace de deux jours, avec des pointures internationales pour tous les âges: pari réussi pour cette première tentative frontalière.

Thomas Turillon

Le North Summer Festival a tenu ses promesses en offrant un éclectisme musical. Un grand écart même! De quoi contenter un public très vaste qui était au rendez-vous: 32 000 festivaliers.

«Baby, baby, baby ooooh»

Samedi, la tête d’affiche était Justin Bieber qui est monté avec 20 minutes d’avance sur scène, laissant à peine le temps au Dj Martin Garrix de remballer sa platine. Pour son unique concert franco-belge de l’année, le jeune homme de 23 ans a pris le micro sur la frontière, dans l’Arena du stade Pierre Mauroy. De quoi vibrer aux antipodes du précédent concert qui fut... Les Vieilles Canailles!

Les «Beliebers» comme sont surnommés les fans de Bieber ont fait le pied de grue très tôt pour pouvoir être au premier rang. Ils ont pu apprécier des tubes de la première heure, datant de l'époque de la mèche, comme «Baby», mais aussi des biens plus récents. Le public - bien plus diversifié qu'on aurait pu le penser - a notamment apprécié une version «avec ma guitare» a-t-il dit en français, seul en scène, de «I want let go» lors de ce «Purpose Tour» débuté en mars... 2016 (!) enchaînant les stades (il était dès le lendemain à Francfort).

Il aura donc été précédé par Klingande, deux amis voisins de chez nous (Croix) qui ont proposé leur musique électronique. Ils ont ensuite fait place à l’un des Dj’s stars, Martin Garrix, qui s’est fameusement donné durant plus 1h30. Dans la foulée de sa prestation, le garçon est tout de suite monté dans son jet l’attendant sur le tarmac de Lesquin afin d’assurer un autre set, un peu plus dans le nord de l’Europe, dans la même soirée!

Un duo Sting-Ibrahim Maalouf

Le dimanche, l’avancée a été démontée pour offrir une scène «classique» d’artistes face au public. Bien que la salle fût moins pleine que la veille (15 000 spectateurs pour Sting contre 27 000 pour Justin Bieber), c’est d’une très belle manière que le festival s’est clôturé, avec Sting et son rock. Il a enchaîné les tubes essentiellement issus de son ex-groupe Police. Il était entouré de ses musiciens et de ses deux choristes... parmi lesquels Joe Sumner qui n’est autre que son fils qu’il a présenté en français.

Pour l’occasion, en fin de prestation, l’Anglais a même fait remonter sur scène Ibrahim Maalouf. Ce dernier l’a fabuleusement précédé durant une heure et demie. Un Franco-Libanais plaisant à écouter tant pour la maîtrise de sa trompette que pour ses échanges très fréquents avec le public. La générosité: un mot qui décrit bien ce festival Live Nation, Crédit Mutuel et la MEL... Une fois de plus, l’acoustique du bâtiment ovoïde - coupé à deux pour les concerts - a prouvé qu’il pouvait encore et toujours continuer à accueillir autre chose que des fans du ballon rond. Y aura-t-il une seconde édition après avoir réussi ce baptême du feu? On l’espère...