Adieu à un Hurlu au Père-Lachaise

Ce vendredi matin, les funérailles du producteur Michel Celie se déroulaient à Paris. Il était derrière Barzotti, les Capenoules…

Thomas Turillon
Adieu à un Hurlu au Père-Lachaise
Celie.jpg ©ÉdA

Vendredi, à 11 h 30, se tenaient les funérailles de Michel Celie au sein de l’emblématique cimetière du Père-Lachaise. L’enfant de Mouscron s’est éteint le 1er avril dans la capitale française à l’âge honorable de 87 ans.

Si ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent dans l'histoire de la production musicale hurlue (Jean Vanloo et Marcel De Keukeleire), le Mouscronnois Michel Celie – il a passé sa jeunesse en cité hurlue puisque sa famille travaillait dans le textile – a aussi compté fortement dans le milieu. Avec son frère Pierre décédé depuis plusieurs années, il avait créé le label Déesse à Paris. Jusqu'au bout, son bureau avait été basé à la rue de Lepic, niché entre le Moulin-Rouge et le célèbre «Café des Deux Moulins» du film Amélie Poulain.

«La danse des canards», Peter & Sloane… ce fut lui!

À l’instar d’autres Hurlus donc, Michel avait musicalement le nez fin. C’est Marcel De Keukeleire qui lui avait fait écouter «La danse des canards». Sous le charme, M. Celie avait intégré la chanson dans son catalogue. Ce fut banco! Ce le fut aussi lorsque Pierre et Michel décidèrent de produire «Besoin de rien, envie de toi!» de Peter & Sloane. Encore le jackpot pour les deux frères producteurs. Pour rappel, la chanson s’était positionnée n° 1 du Top 50 le 4 novembre 1984 et était rapidement devenue disque de platine! Ils produiront aussi quelques titres de Marcel Mouloudji, de Claude Barzotti, et même de Claude François. D’ailleurs, Michel avait encore des photos dédicacées de ce dernier dans son bureau! «Un reste» du stock d’autographes qu’avait donné le chanteur et que les fans venaient quémander, à la grande époque, à Michel comme il nous l’avait expliqué lors d’un portrait que nous lui avions consacré, il y a tout juste dix ans.

Il était l’ami de Jacques Brel

C'est dès l'âge de 19 ans que Michel Celie était devenu ami avec Jacques Brel. Alors, lorsqu'un soir, après un concert, Michel, son frère Pierre et le grand Jacques notamment étaient partis en virée dans Mouscron, forcément, c'est la chanson des Bourgeois qui avait pris naissance… «Chez la grosse A-drienne de Mon-ta-lant A-vec l'a-mi Jo-jo Et a-vec l'a-mi Pierre On al-lait brû-ler nos vingt ans.» L'ami Pierre évoqué ce fameux soir-là, au début des années 60, était bien son frère, Pierre Celie.

Le dernier des «Capenoules»

Les Celie avaient enfin produit Raoul de Godewarsvelde. Michel et Pierre faisaient d’ailleurs eux-mêmes partie de la célèbre bande du Nord, les Capenoules, dont Raoul était la figure populaire. Une belle époque au cours de laquelle Michel Celie avait aussi côtoyé le fils de Raoul, Arnaud Delbarre. Lorsque ce dernier fut nommé directeur de la célèbre salle parisienne qu’est l’Olympia, en 2002, c’est tout naturellement Michel qu’il avait appelé: comme il devait désormais habiter Paris et que la rue Lepic lui remémorerait tant de bons souvenirs d’une époque trop vite révolue, il avait demandé au Mouscronnois de lui trouver un logement dans sa rue. C’est Michel lui-même qui nous l’avait expliqué, à la rue Lepic forcément, au milieu de nombreux autres souvenirs tout aussi savoureux. Il ne gérait alors plus que le répertoire de son ami, Bernard Dimey, l’auteur de «Mon truc en plumes» notamment. Encore un tube…

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