Dans un an, le Musée Raymond Devos sera prêt !

Dans un an, la bâtisse de Raymond Devos sera un musée prolongeant sa mémoire, comme il l’avait souhaité. Visite sur le chantier dans les Yvelines.

Thomas Turillon

Au n°10 de la rue de Paris, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, les travaux battent leur plein dans la magnifique bâtisse datant de 1 860. C’est là, dans ce village des Yvelines, que Raymond Devos y a posé ses valises de 1962. Il y restera jusqu’à son décès en juin 2006. Comme le voulait le natif de Mouscron, le lieu qui lui permettait de se préserver du stress et de la foule deviendra un musée dans un an.

Garder sa mémoire vive…

«Selon sa volonté sur son testament, Raymond voulait qu’on continue à cultiver sa mémoire mais aussi à aider les enfants par le développement intellectuel. Il pensait que ses textes devaient continuer à être exploités, ce qui est toujours le cas dans les écoles. Il voulait également aider les jeunes artistes, raison pour laquelle il existe le «Prix Raymond Devos» ainsi qu’un prix littéraire en humour avec le Cherche-Midi.

Il y a une énorme attente pour ce musée. Dans la vallée de Chevreuse, on a des châteaux et ce musée devrait rentrer dans le circuit touristique, indique Éléonore Assante di Panzillo, déléguée générale de la Fondation Raymond Devos qui nous a fait la visite du chantier réalisé en majeure partie par les artisans locaux. Le but est de faire travailler sa ville à laquelle il était tellement attaché. Pour l'anecdote, c'est par exemple le même menuisier travaillant pour Raymond qui travaille désormais pour le musée!»

Au rez-de-chaussée, le salon va devenir un espace Biographique. «C'est l'endroit où l'on va raconter sa vie. On y mettra des objets reçus par Dany Boon, les Frères Taloche… La fenêtre deviendra un écran: tout le musée sera interactif. Le public pourra manipuler les choses.» Pour accéder à l'étage, nous passons par un hall «où l'on reconstituera sa loge de l'Olympia». Un grand escalier mènera notamment à «un cabinet de curiosités comme au XVIIe siècle». Juste à côté, il y aura une salle de cinéma. «Elle m'est importante, je la veux polyvalente. On pourra bouger l'écran et les sièges pour en faire une salle pédagogique.» Toujours à l'étage, la grande pièce centrale qui était la chambre de Raymond Devos avec une salle de bain va devenir une salle de musique. «On a retrouvé plus de 250 instruments! Sans savoir en jouer, il les achetait pourtant. Il achetait aussi de nombreux accessoires de magie: on en a des caisses!» sourit notre interlocutrice qui nous emmène au second étage, dans le grenier qui sera le clou du «spectacle» lors de la visite, avec une scénographie bien pensée…

On précisera enfin que, parallèlement au chantier, des interviews sont en cours. «Sur un écran tactile, le public pourra choisir la personnalité qu'il souhaitera écouter à propos de Raymond. On vient d'interviewer Dany Boon. On a eu un entretien avec Jacques Chancel, six mois avant son décès. Il y aura aussi Michel Drucker, Juliette Greco, Michel Boujenah, les Frères Taloche…» Un ensemble qui sera aussi visible sous forme d'un film de 90 minutes diffusé dans les prochains mois sur France 5.

Il n’y a pas que l’héritage du roi du jeu de mots…

Les travaux peuvent être réalisés grâce à l'héritage laissé par Raymond Devos, après avoir aussi donné à ses héritiers qu'il n'a pas oublié. «On va pouvoir ouvrir le musée mais il va falloir développer le mécénat pour le maintenir. On peut déjà en bénéficier puisque la Fondation créée en 2009 a été reconnue d'utilité publique, statut peu évident à obtenir. Elle est donc reconnue par l'État et est sous contrôle de la Cour des comptes. Mais ce n'est que lorsque nous aurons une visibilité que nous pourrons aller demander des financements, au Conseil général notamment.»