Un vent de révolte contre les éoliennes

Les éoliennes fleurissent un peu partout, mais ne sont pas au goût de tous. Le combat s’organise de part et d’autre des frontières.

Audrey Ronlez
Un vent de révolte contre les éoliennes
parc d'éoliennes ©REPORTERS

Lorsqu’un projet éolien voit le jour, les riverains qui vivent à proximité directe du site choisi ne sont pas toujours les seuls à s’opposer à ces moulins à vent nouvelle génération.

Dans notre région frontalière, les Flamands et les Français ne sont pas en reste.

Et le combat commence dès les prémisses de ces projets, bien avant même que les premières études soient effectuées et les demandes déposées.

Bien souvent aussi, les arguments invoqués sont les mêmes: détérioration du paysage, de la qualité de vie, de la santé et dévaluation des biens immobiliers. Malgré cela, tous se défendent d'être contre les énergies renouvelables. «Les éoliennes, c'est bien, mais pas ici! » Le syndrome nimby par excellence…

Dans une réserve naturelle

Les sociétés Luminus et EDF veulent implanter, sur le territoire flamand, entre trois et cinq éoliennes qui mesureraient 108 mètres de haut et 90 de diamètre. Celles-ci devraient s’ériger sur le Geitenberg, à la frontière entre les communes de Sint-Denijs et Kooigem.

Aucune demande officielle n’a encore été lancée, mais les opposants au projet tiendraient leurs informations des propriétaires des terrains concernés qui auraient été approchés par les promoteurs.

Et c'est au travers de la voix de Natuurkoepel que le combat est mené. L'association de protection de la nature estime qu'il faut implanter des éoliennes, mais que le Geitenberg n'est pas le bon endroit car il s'agit d'une des rares zones agricoles de la région qui attire pas moins de 177 000 oiseaux. De plus, le Geitenberg est un des rares lieux de reproduction de l'alouette. Les Villes de Courtrai et Zwevegem partagent entièrement cet avis.

Du côté de la Commune d’Espierres-Helchin, on se bouge aussi. L’échevin Rik Vandervenne craint que les éoliennes ne causent du tort au plan touristique de la vallée de l’Escaut. Avec l’appui du collège communal, il a alors déposé plainte contre la cartographie éolienne établie par la Région wallonne. Par ailleurs, 2 000 signatures contre ce projet ont également été réunies.

En effet, outre le projet émis par Luminus et EDF, la Région wallonne a identifié 40 lieux possibles pour l’implantation d’éoliennes sur son territoire, juste de l’autre côté de la frontière linguistique. Une cartographie qui n’apaise donc pas les craintes de nos voisins néerlandophones…

Autre situation frontalière : des Halluinois qui se battent contre un projet éolien belge. Depuis que deux moulins à vent ont été installés à Menin, ils déclarent que leur vie est devenue un enfer. Pour l’heure, une pétition a été lancée et s’il le faut, les habitants d’Halluin iront encore plus loin en saisissant la justice. Quel que soit le moyen, ils veulent que ces éoliennes soient démontées. Pour le maire, Jean-Luc Deroo, avoir gain de cause va être difficile car toute la procédure flamande a été respectée. Les conseillers français ont par ailleurs rendu un avis négatif dans ce projet. Un avis consultatif, qui n’a pas été suivi… Pour rappel, en Flandre, on autorise l’implantation d’éoliennes à 250 mètres des habitations. Une limite fixée à 500 mètres dans l’Hexagone.

Si pour l’heure on ignore ce que donneront ces combats, il est déjà sûr que l’avis des citoyens sera examiné… et peut-être entendu! En effet, s’il existe un domaine où les riverains et les autorités locales ont encore leur mot à dire, c’est bien l’éolien. Ainsi, un châtelain belge, qui a acquis et rénové le château de Flers (Pas-de-Calais), a obtenu gain de cause et les dix mâts qui lui gâchent la vue seront démontés.

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