Une Odyssée qui vire au naufrage

Samedi soir, après ses trois premières épreuves du championnat d’Europe, Fanny Lecluyse était détendue. Hier midi, c’était la soupe à la grimace.

Une Odyssée qui vire au naufrage
BELGIUM SWIMMING PRESS MEETING FANNY LECLUYSE ©Belga
M.F.

Le château de cartes de Fanny Lecluyse s’est totalement effondré dimanche matin dans la piscine de l’Odyssée à Chartres.

Sur le coup de neuf heures, dans le cadre des championnats d’Europe en petit bain, la pensionnaire des Dauphins mouscronnois disputait sa quatrième et dernière épreuve.

Sur le 400m quatre nages, l’on pouvait s’attendre à une bonne performance de la Mouscronnoise, même si l’on savait qu’elle avait abandonné cette discipline depuis un certain temps. Mais en sport, il n’y a parfois pas loin du Capitole à laRoche Tarpéïenne.

Fanny en a fait la dramatique expérience même si l’on concédera que derrière la cruelle désillusion il n’y a rien de vraiment dramatique.

Notre jeune compatriote a pris la septième place de la deuxième série. Et, au ranking total, elle affichait le… vingt-cinquième temps sur les vingt-six engagés. Surtout, Fanny réalisait un chrono supérieur de près de dix-huit secondes supérieur à son record de Belgique établi en novembre 2011 à Wachtebeke.

Sur cette contre-performance, on n’aura pas droit aux commentaires immédiats de la nageuse mouscronnoise qui s’est murée dans sa tristesse. Manifestement, elle ne pouvait traduire en mots des mouvements qu’elle n’est soudainement plus parvenue à effectuer dans l’eau, son élément naturel. Ça a coincé dès le départ. Sur le premier parcours, en papillon, elle s’est désarticulée, passant, notamment, dans un chrono de quatre secondes supérieur à la Hongroise Zsuzsann Jakabos…

Difficile, après ce premier mauvais passage aux cinquante mètres, de retrouver un rythme correct sur le dos puis dans sa spécialité, la brasse. Elle y a effectué les derniers cinquante mètres en 42’’85, quatre secondes plus lentement que le vainqueur final Hannah Miley.

Au niveau de l’entourage de l’athlète, très peu bavard également, on avançait une très mauvaise nuit, une absence d’alimentation…

Il faudra rapidement sécher des larmes inutiles suite à un résultat qui ne ternit en rien le parcours européen de Fanny, trop gourmande peut-être en voulant s'aligner sur quatre disciplines. L'expression «accident de parcours» a toute sa place également dans ce genre de situation que l'on reconnaît pénible pour une athlète qui donne tant et tant pour réussir dans son sport.

« Regarder devant »

Fanny ne peut oublier ce qui s'est produit avant. Notamment, son entrée en matière sur le 200 quatre nages: «Même si je n'ai pas atteint la finale, je n'étais pas déçue. C'est une discipline que je reprenais et je sais que j'ai encore beaucoup de travail pour retrouver mon meilleur niveau.»

Elle ne peut gommer non plus une belle quatrième place sur le 200m brasse où elle a raté le podium uniquement à la touche. «Sur le moment, j'étais dégoutée. Si j'avais fait le temps de l'an passé, j'avais une médaille…»

Et samedi, il y a eu également le 100 brasse où elle s'est qualifiée pour la demi-finale et a pris une jolie douzième place finale. «En sachant que cette petite distance n'est pas mon truc. Sur 100, il faut être parfait en tout et mon deuxième virage a été trop court pour espérer mieux… J'ai pris ça pour le plaisir et sans pression.»

On retiendra au final ce que Fanny nous déclarait avant-hier soir: «Je ne reviens pas sur ce que j'ai fait. Je préfère regarder devant.»

Rendez-vous donc avec une Lecluyse requinquée aux mondiaux de Barcelone, l’été prochain.