« Fanny doit décider de son avenir »

Horatiu Droc accompagne son jugement sur les performances de Fanny de beaucoup de points d’interrogation. Il n’est même pas dithyrambique par rapport à la quatrième place en 200 m brasse. «Je comprends que sur le 200 quatre nages, jeudi, elle ait levé le pied en pensant à son épreuve préférée. Mais vendredi, tout en échouant juste à côté du podium, elle réalise quelque chose de correct sans être exceptionnel. Pour être au mieux dans ce genre de compétition, il faut au moins battre le record de Belgique ou s’en approcher. Ça n’a pas été le cas ici.»

M.F.

Pour le 100 brasse du samedi, le mentor des Dauphins souligne l'opiniâtreté de sa nageuse en première partie de course. «Elle réalise son meilleur temps absolu sur les cinquante premiers mètres avec 32''00 pour 32''12 lorsqu'elle a signé son record personnel. Rien à redire. Elle est partie très vite et a tenté le coup. Et pour quelques dixièmes, elle rate la finale.»

Reste l'énigme du 400 quatre nages dominical. «Cela fait un moment que Fanny a une alimentation difficile. Elle a perdu du poids et quand tu perds ça, tu perds tout, explique le coach. Depuis la veille au soir, je crois qu'elle n'était plus dans l'état d'esprit d'un championnat de ce niveau. Des éléments extérieurs l'ont déstabilisée. Et elle avoue elle-même une certaine fragilité psychologique. Manifestement, quand je l'ai vue ce matin au petit-déjeuner, elle n'était pas au mieux. Elle avait passé une nuit difficile.»

Et nager dans la cour des grands quand plusieurs éléments négatifs vous assaillent, ce n'est pas franchement évident. «Terminer quinze mètres derrière la première à ce niveau, ce n'est pas bien. Parce que beaucoup de regards sont tournés vers vous et que vous avez des comptes à rendre à tout le monde, à la fédération, au public…»

La clef pour Horatiu: «une remise en question. J'accepterais volontiers que Fanny prenne un mois de vacances pour se remettre bien dans la tête. Je comprends que dans la vie il n'y a pas que de la natation. Mais elle doit savoir qu'elle ne dispute pas le Grand Prix de la ville de Mons. Elle est professionnelle et doit réagir en fonction. Je suis même prêt à accepter qu'elle parte ailleurs si je ne lui conviens plus… Elle doit décider de son avenir sereinement.»

Horatiu reste persuadé que son élève a un énorme potentiel: «Elle est capable d'aller en finale du championnat du monde dans huit mois à Barcelone. Si elle le veut, si elle en a l'envie. Elle a le talent et la capacité physique. Sa marge de progression est encore très importante.»