Ils tracent un sillon en béton à la ferme Saint-Achaire

La Petite Espierre traversant tout le site de la ferme Saint-Achaire est voûtée actuellement. Un sacré chantier… sans impact sur la vie de la communauté.

Thomas TURILLON

«Mais qu'est-ce que vous faites? » demande-t-on régulièrement à l'abbé Pollet en pointant du doigt le chantier devant la ferme Saint-Achaire, comme si c'était lui qui l'avait entrepris. «Je réponds toujours que j'ai lancé le projet de relier la ferme Saint-Achaire au tunnel sous la Manche mais personne ne me croit » sourit l'homme.

Ce chantier, c'est évidemment celui du voûtement de la Petite Espierre. Il vise une fois pour toutes à circonscrire les émanations pestilentielles. Cela permettra aussi de ne plus constater les différentes couleurs que prend l'eau. «On sait que l'air n'est pas vicié chimiquement mais elle va gagner en pureté…»

Ces travaux se déroulent sur un pan important de cet espace de vie en communauté mais qui n’en chamboulent pas le quotidien pour autant.

Padre studiare l’italiano…

«En cet endroit se trouvaient des moutons qu’on a évacués sur un autre terrain… il y a quatre ans! En effet, le dossier était géré à la base par la Région wallonne mais rien n’avait finalement bougé. Depuis que la Ville a repris l’affaire en main, tout s’est accéléré. Ces Italiens spécialistes des canalisations, arrivés via un marché européen, travaillent vite et bien. Ils ont promis d’avoir fini le ferraillage pour la fin de cette semaine. Tout devrait être terminé pour la fin de l’année promet-on. Je suis en tout cas très heureux car je constate effectivement que tout avance très rapidement. On a l’impression qu’ils construisent un abri antiatomique tant les parois sont énormes. C’est dingue. Mais cela doit résister au passage de l’eau. Celle des usines, les nôtres ou encore de la piscine…

Avec les ouvriers, c’est aussi l’occasion de pratiquer un peu mon italien avec eux! »

Les arbres rasés…pour faire place à d’autres

Sur le site, on distingue deux voies: celle où se trouvera la future canalisation et celle où le ruisseau est dévié. Un chantier qui prend de la place…

«Il a été nécessaire d'abattre les arbres plantés il y a trente ans: quelques chênes, des boulots, des hêtres. Je me souviens encore du moment où je les ai achetés et plantés moi-même, l'un après l'autre. Certains avaient déjà un tronc d'une trentaine de centimètres.» Une boucle a pu être bouclée puisque l'une des tâches majeures des pensionnaires est de scier du bois en morceaux pour le revendre. Le bois tronçonné sur le vaste terrain a vécu même scénario. «Je vais en replanter sur cet espace qui sera bien nivelé et agrandi puisqu'il ira jusqu'à la rue. Les planter permettra notamment de bien cacher ces énormes blocos » continue l'abbé en parlant des pans de bétons se dressant de l'autre côté de la rue du Père Damien, le futur parc commercial…