Un Tour de Belgique à la rame

L’aventurier Mouscronnois Louis-Philippe Loncke est parti de Bruxelles, samedi dernier, pour un tour de Belgique en kayak.

Denis Vanderbrugge
Un Tour de Belgique à la rame
Tour de Belgique en kayak ©EdA

C’est à la Place des Armateurs, non loin de Tour & Taxi, que Louis-Philippe Loncke a jeté samedi dernier son kayak dans l’eau fraîche du port de Bruxelles. Ce grand départ du « Belgikayak » marque le début d’une aventure de 600 kilomètres à la force des bras. Chaque week-end, « Louphi » couvrira une étape de son parcours avec comme mission finale de se jeter en mer du Nord, à Ostende, le 18septembre prochain.

Son objectif ? Découvrir et faire découvrir la Belgique depuis ses cours d'eau:« Je voulais montrer mon pays d'un point de vue original et méconnu, explique l'aventurier hurlu. C'est un véritable projet de découverte. » Et puisqu'une découverte ne sert réellement que quand on la partage, Louis-Philippe Loncke a décidé d'aller plus loin dans son projet: « Je ne naviguerai que les week-ends afin de pouvoir tenir un blog à jour et y raconter mon expérience, confie-t-il. En outre, je serai suivi par un cameraman, ce qui me permettra de réaliser des petites séquences vidéo. »

Louis-Philippe Loncke entend y aborder toute une série de sujets qui gravitent autour des cours d'eau: « Le kayak présente l'avantage d'une progression lente pour filmer, photographier ou encore documenter, raconte-t-il. Ce sera donc l'occasion de partir à la rencontre de pêcheurs, d'éclusiers ou encore de bateliers. Je pense aussi à des ouvrages d'art et d'industrie à l'image des ascenseurs de Strépy. »

Mais au-delà du volet découverte, le voyage de Louphi présente aussi une vocation écologique: « En allant faire du kayak à l'une ou l'autre reprises avec un ami, je me suis rendu compte que nos voies navigables étaient très polluées. On a même été jusqu'à retrouver une télévision dans le canal de l'Espierre. En faisant mon Tour de Belgique, j'entends dénoncer cela et peut-être cibler des endroits où la situation est vraiment critique.Quoi qu'il en soit, je veux surtout sensibiliser le grand public à la valeur de l'eau. »

En Hainaut occidental, fin août

Lancé au moment où la Belgique est dans la tourmente, le projet « Belgikayak » n'a pourtant aucune connotation politique: « Je pense à ce projet depuis plus longtemps que la crise politique, explique le Mouscronnois. Je ne reste pas pour autant insensible à ce qui se passe chez nous mais surtout n'y voyez aucun lien. »

Le parcours de Louis-Philippe est découpé en étapes de 10 à 35 kilomètres. Il l'emmènera d'abord de Bruxelles à Anvers. Le Mouscronnois obliquera ensuite vers le Limbourg avant de s'offrir une dorsale wallonne. L'aventurier arrivera en Hainaut occidental le 21août vers 18 heures à Péruwelz. Il repartira la semaine suivante pour arriver le 27août en soirée au Quai du marché aux poissons à Tournai: « J'ai longtemps étudié diverses possibilités, reprend Louis-Philippe. Et prendre le départ de Bruxelles me permet de pouvoir terminer à Ostende en Mer du Nord sans avoir à passer deux fois par le même endroit. »

Ce voyage est d'ailleurs loin d'être de la pure improvisation. Louis-Philippe Loncke et son équipe ont effectué une série de repérages ainsi que des demandes d'autorisation: « C'est ainsi que j'ai appris que je ne pouvais pas naviguer sans escorte sur un tronçon proche d'Anvers. À cet endroit, le fleuve est une autoroute de 300 mètres de large où le trafic fluvial est très dense. C'est donc un risque de voyager sans bateau escorteur.Il faudra trouver une solution. »

À 34 ans, celui qui se décrit comme un aventurier versatile part donc pour une nouvelle aventure. Et c’est sans doute loin d’être la dernière…¦