Leuze-en-Hainaut: la majorité condamnée à s’entendre

Minés par les dissensions, les élus de la majorité vont devoir œuvrer ensemble jusqu’en 2018. Le PS ayant décidé de rester dans l’opposition.

Pierre-Laurent Cuvelier
Leuze-en-Hainaut: la majorité condamnée à s’entendre
Conseil communal Leuze vote motion ©ÉdA – 21813462022

Au soir du rejet de la motion de méfiance, tous les protagonistes autour de la table n’ignoraient pas l’ampleur du chantier qui attendait la majorité actuelle. Les dissensions profondes apparues entre Hervé Cornillie, le Premier échevin, et le maïeur Christian Brotcorne ont en effet cristallisé le divorce entre les partenaires «Idées-MR».

Alors que pas mal de cas de figure restaient plausibles pour rebâtir dans la sérénité un Collège sorti affaibli de ce vaudeville, les socialistes viennent d’exclure les deux scénarios susceptibles de les ramener au pouvoir.

Autrement dit, une alliance avec «Idées» au détriment du MR, ou une coalition en tripartite calquée sur le poids des trois partis représentés dans l’hémicycle communal.

Dans un communiqué, l’Union Socialiste Communale (USC) de Leuze signale qu’elle ne souhaite pas accéder au pouvoir à tout prix. Et que par conséquent, la décision de rester dans la minorité est apparue comme la meilleure solution.

«Une très large majorité s'est dégagée du bureau politique du parti afin de laisser l'équipe en place poursuivre son travail jusqu'en 2018. Je tiens à préciser qu'aucune consigne n'a été donnée par la fédération PS de Wallonie picarde car notre section locale jouit d'une totale autonomie dans les choix posés», explique Christian Ducattillon.

L'abstention d'un de leur conseiller, François Baton, qui s'était désolidarisé du vote favorable des trois autres élus PS au dernier conseil, a évidemment laissé des traces au sein d'une formation elle aussi divisée. « La difficulté d'avoir une cohésion en interne, notamment depuis le très tendu conseil du 3 juin, est l'un des éléments qui a pesé dans la balance. Dans l'hypothèse où l'on montait avec Idées au pouvoir, on aurait eu une majorité courte de 14 conseillers (NDLR: pourtant plus large d'un siège qu'avec les libéraux) et si en plus, certains élus ne nous suivent pas, cela pose un réel problème », ajoute le chef de file socialiste.

Avec ou sans Hervé Cornillie?

Malgré leurs divergences, les élus des groupes «Idées-MR» sont dès lors condamnés à s’entendre d’ici la fin de la législature qui court jusqu’en 2018. Le Collège actuel, réparti entre quatre échevins «Idées» et trois MR, peut-il résolument fonctionner sur base du pacte noué en 2012? On aurait tendance à répondre par la négative compte tenu de la tentative de putsch téléguidée par l’échevin Cornillie, lequel a ouvertement fustigé l’inaction de la majorité.

Pour sa part, le bourgmestre avait pointé «la soif de pouvoir de son rival prêt à tout pour lui chiper l'écharpe mayorale». «Il est évident que chacun doit tirer des conclusions de ce qui s'est passé. J'en appelle à la responsabilité de tout le monde et à la loyauté pour sortir de cette lamentable affaire par le haut », nous confiait Christian Brotcorne en début de semaine.

La réunion importante prévue ce jeudi soir chez les libéraux devrait sceller le sort du Premier échevin, qui a déclaré s'en remettre à l'avis des instances de son parti. De son plein gré, Hervé Cornillie ne compte en tout cas pas faire un pas de côté. «À titre personnel, une démission n'est pas à l'ordre du jour. À l'image d'un capitaine dans la tempête, je n'ai pas l'intention de quitter le navire. Sur le long terme, on verra bien», a-t-il enfin martelé.